Mois: septembre 2010

Livre : Histoire du vin de bourgogne by Jean-François Bazin


Un de mes maîtres en vin m’a un jour dit que la dégustation à l’aveugle c’était de l’expérience, de la chance et de la lecture. Changeons donc un peu des comptes rendus sur des bouteilles et parlons livre.

Ce livre apporte bien ce qu’il titre. Mais contrairement à ce qui est indiqué en quatrième de couverture, la clarté n’est pas de mise et c’est le gros défaut de l’ouvrage. L’auteur ne cesse de faire des allers-retours dans le temps, très agaçant, et adopte une position historique, sans la rigueur qui lui est propre. Le style est très journalistique et jette ses prises de position de manière de plus en plus désinvolte à mesure qu’on approche la fin de l’ouvrage.

Amusant, donc, mais il est difficile d’accorder une quelconque crédibilité à ces propos. Bien pour la distraction, en gardant un esprit critique acéré et surtout, en prenant le temps de remettre les choses à leur place historique. C’est donc une sorte d’essai informel autour de l’histoire de la Bourgogne dont on ne tirera pas grand chose de solide mais qui distrait (en perpétuant une certaine tradition bien française et exaspérante de l’écriture).

Lecture utile mais pas indispensable.

Quick contest : Santa Ana, Reserve Malbec-Shiraz 2006 vs 2007 (Argentine, Mendoza)


Extérieurement, ces deux vins sont strictement identiques, jusqu’au titre alcoométrique (!). Il était pertinent de les comparer afin de voir ce qu’il pouvait rester d’effet millésime sur ce type de vin.

Y a-t-il une différence ? oui. Est-elle signifiante ? non. Voilà donc pour la synthèse en deux phrases.

L’aspect « marque » de ce vin est flagrant à l’ouverture. A l’exception des tannins plus présents dans le 2006, le vin est le même. En revanche, en s’oxygénant, l’effet millésime ne ressort toujours pas, mais l’effet vieillissement est marqué. Clairement, le 2006 est déjà oxydé. Le fruit disparaît très rapidement tandis qu’il persiste sur deux jours dans le 2007 et il ne reste qu’une asséchante trame tannique. C’est dommage car en bouche, il avait une jolie matière.

Nous ne ferons donc qu’une seule description.

Santa Ana Reserve Malbec-Shiraz est un vin qui rassemble les principales caractéristiques du vin du Nouveau Monde que l’on s’imagine : acidité en berne, arôme sûrmuris atypisants, tannins légers (2006) à absents (2007), longueur inexistante. Un vin technique, donc, où l’élevage est plutôt bien géré (avec sa petite touche vanille/coco pas trop présente), qui n’apporte ni grand plaisir, ni grand déplaisir.

Ma note : 52/100 ; 0 0 (2007) et 48/100 ; 0 — (2006)

Une comparaison instructive qui montre un vin à consommation réellement immédiate, où l’on ne se souciera donc du millésime que pour choisir le plus récent possible.

Quick review : Pinot Nero Riserva 2007 by St. Michael-Eppan (Italie, Südtirol – Alto Adige)


Voici donc le dernier Pinot Noir de la série avant un petit récapitulatif demain.

Pinot Nero Riserva 2007 by St. Michael-Eppan est un vin issu d’une coopérative qualitative, chose qui est décidément de plus en plus commun. 350 membres, 2,5 millions de bouteilles… la preuve dans le verre que volume peut être synonyme de bon vin.

C’est un vin très fruité (les quelques grammes de sucres résiduels n’y sont certainement pas étrangers) qui ne renie pas son origine. Son nez complet laisse place à une bouche fraîche et délicate. Le boisé est très bien intégré, un vin a priori à son optimum dès à présent. Un très joli Pinot, facile d’accès.

Ma note : 79/100 ; 0 0

Château Mas Neuf (France, Costières de Nîmes)… pas convaincu.


Je me suis lancé depuis quelques mois dans l’exploration des appellations de moindre notoriété en France, celles qui produisent des vins sous la barre des 10€, voire même autour de 5€. Le vignoble des Costières de Nîmes est en bonne position sur ce type de produit, et c’est avec le Château Mas Neuf, un domaine de plutôt bonne réputation que j’ai décidé d’approfondir la question. Deux cuvées m’ont occupé : Compostelle Blanc 2008 et Compostelle Rouge 2007.

Compostelle constitue un haut-moyen de gamme au Château Mas Neuf, donc la collection se construit sur le base de « vins de soif » baptisés Les Conviviales, d’un premier niveau d’AOC à l’habile dénomination qui évoque les Côtes du Rhône, Rhône Paradox, d’un deuxième niveau d’AOC haut de gamme, Compostelle. Le tout est couronné par deux sélections parcellaires et un vin « à part », Armonio. (Pour plus de détail, consultez le site du Château Mas Neuf).


Quand on découvre un vin, le premier geste est l’ouverture. C’est donc le bouchon que l’on voit d’abord. Je commencerai pas là. Qualité de bouchage, donc, pas très satisfaisante. Sur les deux exemplaires, des bouchons d’un liège moyen, très imparfait et déjà très sec, imbibés sur une bonne longueur. Je ne suis donc qu’à peine surpris par la coulure repéré à l’ouverture du rouge. Comme je le dis souvent, quel intérêt de choisir un liège médiocre quand on a des bouchons techniques de qualité à disposition. C’est un choix qui me désole d’autant plus que ce type de bouchage approximatif ne  se retrouve jamais sur les vins du Nouveau Monde (même dans une catégorie de prix inférieure).

Passé ce petit gros défaut, que dire des vins ?

Compostelle blanc 2008, sur base de Roussanne (90%) assaisonnée de Viognier (10%), est un vin que je qualifierai de technique. Il est aromatiquement complètement dominé par le Viognier, ce qui n’est guère surprenant sur ces terroirs chauds où le Viognier donne des jus très expressifs et très riches (mais très déséquilibrés). Au nez, on est donc sur les fruits à noyaux, pêche blanche et abricot, un grillé aussi qui rappelle celui des liquoreux. Vraiment très intéressant. En bouche le vin est large et gras, plus monolithique qu’au nez. Je ne retrouve pas le profil qui me plaisait alors. La longueur est correcte, sans plus, un peu maladroite et pesante. La matière en bouche me semble déjà avancée vers l’oxydation, avec des notes d’élevage il me semble, presque de chêne américain. Ce qui sauve ce vin est son rapport qualité-prix, car il faut quand même avouer qu’on tient là quelque chose de complet et pas caricatural (surtout au nez) pour moins de 10€. Le vin est donné pour quelques années de garde, mais je ne m’y risquerai pas.

Ma note : 68/100 ; 0 0

Compostelle rouge 2007 pour le coup n’emporte même pas ma compassion. La coulure est-elle cause de la platitude bovaresque de ce vin ? Il faudra sans doute confirmer cette dégustation. Le vin n’a pas grand chose à dire. Un peu de poivre, une touche de Syrah au nez, la bouche livre des tannins complètement fondus, équilibrés de ce point de vue, mais est d’une grande pauvreté. Le vin n’est pas mauvais, il est juste insignifiant. C’est donc à revoir. La note est à prendre, donc, pour ce qu’a été cette bouteille.

Ma note : 44/100 ; 0 0

En conclusion générale, je n’ai pas été franchement convaincu par ces deux vins, que je trouve formatés et techniques. Le blanc reste cependant un remarquable rapport qualité-prix, qui peut trouver son public. Il s’adresse aux personnes qui cherchent des vins blancs puissants et aromatiques. C’est tout à fait le genre de produit qui trouvera sa place aux côtés d’une volaille. Le servir frais permet d’ailleurs de palier largement son défaut d’acidité. Le rouge est à oublier si cette première impression se confirme sur une bouteille non douteuse.

Sans donc être la révélation attendue, on trouve ici des vins tout de même beaucoup plus fins que la moyenne de l’appellation. Les cuvées parcellaires que je ne connais pas encore apporteront peut-être ce qui me semble manquer à ces Compostelles : de la personnalité et un peu de race.

Mise au point


Petite mise au point en ce lundi.

1/ J’ai modifié l’échelle de couleur pour plus de lisibilité. Exit donc le variations de vert entre 70 et 89, exit aussi entre 40 et 69. Les couleurs vous permettront de cerner plus vite ce qui est bon, ce qui est le but de cet outil euristique.

2/ De ce Jeudi à Samedi en huit, je ne publierai sans doute pas grand chose. En revanche, je reviendrai avec quelques pages sur la Mosel (Allemagne), où je vais faire un petit passage… du beau en perspective.

3/ Je vais faire une série de vins français dans les semaines à venir pour changer des étrangers peu faciles d’accès en France.

4/ Je réfléchis aussi à une échelle de prix associée au vin, afin de vous donner un repère supplémentaire…

Plein de nouvelles donc, en ce Lundi matin !

Shiraz Bin 555 2008 by Wyndham Estate (Australie, South Eastern Australia)


Je ne résiste pas à vous montrer cette bouteille fabuleusement kitch de chez Wyndham Estate.

Quant au vin qui s’y trouve ?

Il est complètement déséquilibré. D’un côté, on a un nez fin et agréable quoiqu’un peu en retrait. De l’autre, on a une bouche explosive, extraite et sucrée (5-8g de sucres). Vraiment très peu de plaisir au bout du compte.

Ma note : 53/100 ; 0 0

Pinot Noir Reserve 2008 by Fog Head (Etats-Unis, Californie, Monterey)


Ce Pinot Noir est une petite révélation.

Monterey est une AVA Californienne. Parenthèse à ce propos, l’AVA est un label purement géographique : il désigne une localité. Pas de prise en compte du terroir, des cépages… etc… Fin de la parenthèse. Monterey se situe un peu au sud de San Francisco, environ 200 km, près de l’océan. La zone, relativement fraîche (ça dépend évidemment des endroits) est principalement plantée des cépages septentrionaux que sont le Chardonnay et le Pinot Noir. Merlot, Cabernet Sauvignon (les incontournables) Riesling, Pinot Gris et Syrah complètent le tableau, loin derrière en terme de surface plantée.

Ce vin évite tous les clichés de PN de climat chaud et du Nouveau Monde. Pas de jus de fruit concentré, pas de confiture et pas de bois. En toute honnêteté, à l’aveugle, je ne l’aurai pas placé aux USA.

Le nez est fin, sur la rose, la cerise et ce fameux toucher du Pinot Noir, à la fois rustique et charmant. La bouche est un peu en retrait car elle manque un peu de longueur mais développe une trame nette et pure, jamais extravagante ou extraite. C’est vraiment une belle démonstration californienne.

Ma note : 82/100 ; 0 0

Très bon Pinot Noir, dont le style se rapprocherait d’un Marsannay. Classique, c’est un vin souple qui appelle des plats ni trop épicés ou ni trop acides. C’est un vin ouvert et prêt, pas de potentiel de vieillissement à explorer. Enjoy!