Echézeaux Grand Cru 2004 by Domaine de la Romanée Conti (France, Bourgogne, Côte de Nuits)


Dégustation au cours d’un repas, donc malheureusement sans maîtrise ni de température, ni de l’aération, ni de verre.

2004 est un millésime pas toujours considéré comme flatteur en Bourgogne. Il m’a pourtant déjà livré de grands vins, à l’image du Clos des Lambrays, preuve encore, que le millésime en général ne scelle pas tout. Sans vous laisser plus mijoter, je vous dirai juste que ce cru se sort fort bien de cette année difficile, et la belle acidité encore présente en bouche laisse penser que le vin a des belles années devant lui.

Cet Echézeaux Grand Cru 2004 du Domaine de la Romanée Conti, souvent désignée par le sigle DRC, s’est présenté sous les meilleurs auspices. Ce qui me surprend souvent dans les vins de ce domaine est leur nez. Un nez envoûtant et long, contemplatif. Celui-ci ne déroge pas. Tout en finesse, tout de délicatesse. C’est une musique douce et calme. Je pourrais rester des heures à juste sentir ce doux parfum, à chercher à en décrypter les arômes. Ou plutôt à m’en imprégner, à me perdre dedans, à rêver. Prenez une fugue de Bach, par exemple, vous entendez le thème, une fois, puis deux, puis trois… et vous essayer de suivre, de décrypter la complexité de la partition… et plus vous cherchez plus vous êtes emportés par le génie de la composition et plus vous vous noyez dedans. Frisson. Voilà, c’est exactement ce qui arrive avec ce vin, avec ces vins de la DRC (et d’ailleurs). Je ne vous décrirai pas les arômes, c’est inutile.

La bouche est un peu en retrait sur le nez mais c’est logique sur un vin aussi jeune. Elle est pourtant elle aussi vibrante mais la jeunesse est nette : acidité encore bien présente, quelques arômes végétaux (pour moi, la marque d’une vinification en grappe entière, mais c’est à confirmer) et une rectitude franche caractéristique des vins jeunes. Il en va du vin comme des hommes et la délicatesse de l’expression et de la transmission des sentiments croît avec l’âge. L’explosion ou la contemplation. Ici, c’est encore l’explosion. Quel plaisir ce sera dans une petite dizaine d’année… je ne prévois d’ailleurs vraiment pas plus pour atteindre un degré de maturité plus abouti.

Alors, pour ce divin breuvage, la note : 92/100 ; 5 ++

Un vin magique, dense et aérien. Un vin délicat aussi à marier avec une cuisine souple et subtile.

J’ajouterai encore un mot. C’est en goûtant ce genre de flacon que l’on commence à comprendre aussi l’intérêt qu’il y a à déguster étiquette découverte. Le geste est plus spontané et en un sens pas nécessairement moins objectif… mais nous reviendrons plus tard sur ce point.

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