Château Mas Neuf (France, Costières de Nîmes)… pas convaincu.


Je me suis lancé depuis quelques mois dans l’exploration des appellations de moindre notoriété en France, celles qui produisent des vins sous la barre des 10€, voire même autour de 5€. Le vignoble des Costières de Nîmes est en bonne position sur ce type de produit, et c’est avec le Château Mas Neuf, un domaine de plutôt bonne réputation que j’ai décidé d’approfondir la question. Deux cuvées m’ont occupé : Compostelle Blanc 2008 et Compostelle Rouge 2007.

Compostelle constitue un haut-moyen de gamme au Château Mas Neuf, donc la collection se construit sur le base de « vins de soif » baptisés Les Conviviales, d’un premier niveau d’AOC à l’habile dénomination qui évoque les Côtes du Rhône, Rhône Paradox, d’un deuxième niveau d’AOC haut de gamme, Compostelle. Le tout est couronné par deux sélections parcellaires et un vin « à part », Armonio. (Pour plus de détail, consultez le site du Château Mas Neuf).


Quand on découvre un vin, le premier geste est l’ouverture. C’est donc le bouchon que l’on voit d’abord. Je commencerai pas là. Qualité de bouchage, donc, pas très satisfaisante. Sur les deux exemplaires, des bouchons d’un liège moyen, très imparfait et déjà très sec, imbibés sur une bonne longueur. Je ne suis donc qu’à peine surpris par la coulure repéré à l’ouverture du rouge. Comme je le dis souvent, quel intérêt de choisir un liège médiocre quand on a des bouchons techniques de qualité à disposition. C’est un choix qui me désole d’autant plus que ce type de bouchage approximatif ne  se retrouve jamais sur les vins du Nouveau Monde (même dans une catégorie de prix inférieure).

Passé ce petit gros défaut, que dire des vins ?

Compostelle blanc 2008, sur base de Roussanne (90%) assaisonnée de Viognier (10%), est un vin que je qualifierai de technique. Il est aromatiquement complètement dominé par le Viognier, ce qui n’est guère surprenant sur ces terroirs chauds où le Viognier donne des jus très expressifs et très riches (mais très déséquilibrés). Au nez, on est donc sur les fruits à noyaux, pêche blanche et abricot, un grillé aussi qui rappelle celui des liquoreux. Vraiment très intéressant. En bouche le vin est large et gras, plus monolithique qu’au nez. Je ne retrouve pas le profil qui me plaisait alors. La longueur est correcte, sans plus, un peu maladroite et pesante. La matière en bouche me semble déjà avancée vers l’oxydation, avec des notes d’élevage il me semble, presque de chêne américain. Ce qui sauve ce vin est son rapport qualité-prix, car il faut quand même avouer qu’on tient là quelque chose de complet et pas caricatural (surtout au nez) pour moins de 10€. Le vin est donné pour quelques années de garde, mais je ne m’y risquerai pas.

Ma note : 68/100 ; 0 0

Compostelle rouge 2007 pour le coup n’emporte même pas ma compassion. La coulure est-elle cause de la platitude bovaresque de ce vin ? Il faudra sans doute confirmer cette dégustation. Le vin n’a pas grand chose à dire. Un peu de poivre, une touche de Syrah au nez, la bouche livre des tannins complètement fondus, équilibrés de ce point de vue, mais est d’une grande pauvreté. Le vin n’est pas mauvais, il est juste insignifiant. C’est donc à revoir. La note est à prendre, donc, pour ce qu’a été cette bouteille.

Ma note : 44/100 ; 0 0

En conclusion générale, je n’ai pas été franchement convaincu par ces deux vins, que je trouve formatés et techniques. Le blanc reste cependant un remarquable rapport qualité-prix, qui peut trouver son public. Il s’adresse aux personnes qui cherchent des vins blancs puissants et aromatiques. C’est tout à fait le genre de produit qui trouvera sa place aux côtés d’une volaille. Le servir frais permet d’ailleurs de palier largement son défaut d’acidité. Le rouge est à oublier si cette première impression se confirme sur une bouteille non douteuse.

Sans donc être la révélation attendue, on trouve ici des vins tout de même beaucoup plus fins que la moyenne de l’appellation. Les cuvées parcellaires que je ne connais pas encore apporteront peut-être ce qui me semble manquer à ces Compostelles : de la personnalité et un peu de race.

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