Dégustation de verre : Mikasa Open Up vs Schott Zwiesel Fortissimo


On continue sur la série verre avec cette fois un verre de la gamme Open Up de Mikasa en regard du Schott Zwiesel Fortissimo Verre à vin blanc (8560/0), notre référence actuelle. Ce Mikasa a connu son heure de gloire mais n’existe plus sous ce nom. Mikasa est en effet devenu Chef&Sommelier par un tour de passe-passe marketing complètement raté magnifique. Il est donc désormais nommé Chef&Sommelier Verre à pied 32 Open Up Pro Tasting (U1008), un nom qui ferait pâlir de jalousie nos voisins allemands, pourtant champions des dénominations alambiquées ! Ce verre, je le connais bien car j’ai dégusté avec toute l’année dernière et je l’ai utilisé à de nombreuses occasions.

Le verre Open Up Pro Tasting by Chef&Sommelier

Restons cohérant avec les comparaisons précédentes : d’abord l’esthétique. Le Open Up Pro Tasting Chef&Sommelier (on l’appellera désormais C&S) a introduit un design innovant à l’époque puisqu’il est celui qui a poussé à son extrême le dessin avec point d’inflexion à l’épaule. Par rapport au Stölzle Experience, vous voyez tout de suite le côté plus poussé des courbes. L’épaule a un diamètre maximal et le buvant au contraire minimal. En fait on a les mêmes cotes (épaule quelques millimètres plus large et buvant identique) que le Fortissimo Zwiesel mais avec une paraison moitié moins élevée. Le résultat est un verre beaucoup plus trapu avec un volume de 32cl contre 40,5cl et surtout beaucoup plus refermé.

L’épaisseur du verre C&S est plus importante que le Zwiesel mais surtout, l’angle avec lequel le verre se referme entraîne une position de bouche moins confortable et finalement l’impression d’avoir un verre plus resserré au col (alors que c’est le même diamètre). Avec le C&S on se retrouve littéralement le nez dans le verre alors que l’on a plus de recul sur le Zwiesel.

Au nez, donc. La différence est cette fois flagrante. Le C&S est à la fois brouillon dans la présentation des arômes, outrancier et exagéré dans la restitution. Le vin semble dense, certes riche en aromatiques, mais à la

Le verre Fortissimo by Schott Zwiesel.

façon du Chef d’Oeuvre Inconnu de Balzac : les couches d’arômes se bousculent et se superposent pour finalement s’annihiler dans une sorte de maelstom parfumé. Ce trait est très sensible sur le rouges charnus et il est donc plus adaptés aux vins moins riches. C’est un verre facile, en fait, d’un niveau correct mais pas suffisamment précis.

En bouche on se trouve face à la principale limite du C&S : son angularité forte, doublée d’un buvant resserré, provoque un versement extrêmement concentrée et rapide. Cette caractéristique pose problème sur un certain nombre de vins et il devient difficile de les apprécier complètement. C’est un verre qui ne donnera pas l’ampleur requise par les vins denses et riches, par exemple les Côtes Rôties.

En conclusion, la force des C&S c’est leur robustesse. C’est un verre adapté aux vins blancs charnus et aux rouges légers mais il ne tient pas la route par rapport au Zwiesel Fortissimo qui le bat à tous les niveaux, sauf du point de vue de la facilité de rangement ! Car il faut bien dire que la compacité des C&S est appréciable pour les mettre au placard ;).

Et dans cette affaire, quid du verre INAO ?

C’est un verre dont le rendu est correct mais qui ne met pas en valeur le vin et est surtout d’un grand inconfort en dégustation plaisir. Je lui trouve par ailleurs un manque de clarté par rapport au Zwiesel. Par contre, il est idéal pour percevoir les faiblesses et les manques du vin. Je plagierai donc avec plaisir l’un de mes maîtres : « le verre INAO n’est pas un verre à vin, c’est un verre à défaut ».

Schéma du verre INAO, standard.

Publicités

2 commentaires

  1. Votre comparaison entre le C&S et le Fortissimo est excellente, et vous expliquez très bien comment la forme influe la dégustation. Pourriez-vous détailler de même ce qui fait à votre avis la différence entre le verre INAO et le Fortissimo (diamètres au col et à l’épaule, angles etc) ?

    1. Je vous remercie de ce commentair et, tout à fait, je peux revenir sur ce point dans un autre billet. Mais le « problème » du verre INAO, c’est en fait principalement sa taille. De même, je ferai bientôt un récapitulatif pour remettre chacun des verres à sa place ;).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s