Mois: décembre 2010

Jouluruoka ja viinit


Finnish Christmas dinner is a lively tradition and the easy thing about it is that the meals are always the same. However the mix of fish and meat, potatoes, beetroot and the different “laatikko” makes it difficult to match one single wine on everything. I decided (a bit late) to provide you with my recommendations.

First of all, you might be interested to know that I tasted all the wine I suggest. Second, they all come from Alko general list and you can check their availability on Alko internet site. Third, remember that to enjoy wine, you need good glasses, good temperature and to pay attention not only to the taste but also to the smell.

I picked 20 wines that would fit the Christmas menu. In order you will find one champagne, 9 red wines and 10 white wines.

Here is a link to download a PDF
version: Jouluviinit

These wines have indeed very different style. However, in their own way, they should perfectly fit the purpose. Of course some other possibility exists.

To match the whole dinner with one single wine, aim at the Champagne or a white wine. White will fit both fish and meat such as pork and turkey. On the contrary, red will be a bit strong for fish. Or pick a red but avoid drinking it with the fish.

For more precision, I will write down which wine would even better fit some specific meals.

With graavilohi or kylmäsavulohi : 1, 11, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19

With savulohi : 1, 11, 12, 14, 17, 20

With rosolli : 11, 14, 17

With joulukinkku and porkkanalaatikko, lanttulaatikko, maksalaatikko : 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 16, 17, 20

A few extra things:

Red Nro 7: has to be opened (you just open and leave the bottle like this) 5 hours before the dinner.

White Nro 11 and 16: will be better if you open them in the morning, then recork and put back in the fridge.

White Nro 14: is far too young (my advise is too buy it for next year), you have to open it 48h before, then leave it opened 10 min, then recork and put back in the fridge.

As a conculsion, I am sure some of you wonder what would I pick if it was for me?

I would serve the fish and rosolli separately first and then the meat. I would then pick :

1- Jacquesson Champagne 734 which is one of the very best champagne for this price. (Nro 1)

2- Malat Riesling Kellergarten 2008 a very good and elegant wine. (Nro 11)

3- Caliterra Tributo Pinot Noir 2009 which is a surprisingly powerful and yet balanced Pinot
Noir, the best I tasted from Chile. (Nro 6)

I hoped this helped you!

Hyvää Joulua

Grand Tasting : Champagne et Bordeaux


Pour continuer dans notre exploration du Grand Tasting, les deux vignobles les plus connus de France, qui pour moi ont plusieurs liens de parentés.

L’un comme l’autre ne font pas partie des vins que j’apprécie le plus car je les trouve largement surévalués par rapport à ce que l’on peut trouver ailleurs. J’irai même jusqu’à dire que si je trouve souvent en Champagne de l’émotion (récemment dans le Terre de Vertus by Larmandier-Bernier), Bordeaux y parvient plus que rarement. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel je partagerai plus tard quelques observations. Dans une certaine mesure, Bordeaux a bien confirmé cet état de fait avec des dégustations qui laissent sur leur faim et ne permette en aucun cas d’apprécier la supposée, l’exaspérante « grandeur » du Bordeaux à maturité.

Pour commencer, CHAMPAGNE :

Henriot car c’est par là que j’ai commencé, livre une collection 2010 de très belle facture. Le Brut Souverain et le Blanc Souverain présentés donnaient une belle interprétation du champagne pur et net, en particulier le second, dont on pouvait apprécier la beauté cristalline. Le Millésimé 2002, crémeux, gras et très pur en même temps, est encore très jeune et ne présente pas la richesse que j’ai pu trouver sur le 2000 au cours de l’année passée. C’est un très beau vin qu’il faudra attendre quelques temps. La Cuvée des Enchanteleurs 1996 était quant à elle d’une jeunesse affolante (même si la date de dégorgement est à prendre en compte). Il lui faudra plusieurs années pour exprimer son potentiel. Par chance, j’ai aussi pu goûter La Cuvée des Enchanteleurs 1990 dont, cette fois, le style oxydatif s’exprimait sur la noisette, le beurre et le pain grillé, avec un joli fruit frais et des petites notes de miel. Tout en équilibre et promettant encore de belles années de vieillissement. Dans l’ensemble, donc, une bien belle dégustation. (Notes des vins : 75-92/100 ; Mention du domaine : Excellent ; Prix indicatifs : 35-100€)

Je ne ferai que mentionner Pol Roger, dont la gamme très homogène ressemble par ce trait à celle de Henriot. Le style de la maison, identifiable entre tous, est sur des champagnes d’une grande fraîcheur quoique plus crémeux que ceux de Henriot, la cuvée Winston Churchill est exemplaire. De même Charles Heidsieck donc je ne retiendrai que la cuvée Blancs des Millénaires. Je fais une parenthèse ici pour signaler mon extrême frustration de ne trouver de réellement bons champagnes (car il faut reconnaître que ceux-là sont de grands vins) que dans les cuvées prestige ou au minimum les millésimés, ce qui place un ticket d’entrée aux alentours de 50€ la bouteille et plus souvent autour de 100€. Or ces vins ne sont pas représentatif de la production champenoise… Pour clore la série d’étiquette il faudra noter que la Grande Année 2000 de Bollinger goûtait bien, un fort beau champagne (au contraire de 1999), très vineux, très gras, destiné à la consommation en repas et surtout pas apéritive.

Alors, en dehors des étiquettes, quel champagne retiendrais-je ?

Drappier, indéniablement, présentait un échantillon très excitant de sa gamme. Mis à part le millésimé 1995 lessivé car sans doute ouvert depuis trop longtemps, les autres vins étaient splendides. A commencer par Brut Nature, un champagne fascinant en blanc de noir sans dosage. A la fois vineux et extrêmement frais, c’est un vin à mon avis à conserver quelques années pour mettre en scène en cours de repas où à ouvrir maintenant sur un poisson frais ou des fruits de mers afin de dompter son acidité tranchante. Quatuor, un blanc de quatre blancs (Blanc Vrai – sorte de Pinot Blanc -, Chardonnay, Arbanne et Petit Meslier), est un exercice de style à découvrir impérativement tant sont rares les cuvées sur ces magnifiques et oubliés cépages. Le résultat est d’une grande vinosité pour un blanc de blanc, style plutôt oxydatif avec des touches de miel. Pour terminer, le garderai en mémoire l’ineffable Grande Sendrée 2004, champagne toujours aussi méditatif qui supporte mal les conditions violentes de la dégustation en salon. Conformément à mes précédentes dégustations, c’est un champagne très intellectuel, que je verrai fort bien en fin d’après midi, un dimanche soir calme, auprès d’un livre. (Notes des vins : 80-90/100 ; Mention du domaine : Excellent ; Prix indicatifs : 30-60€)

Enfin, je signale la très recommandable maison Jacquesson à la très efficace cuvée 734, que je connais bien et qui n’était pas au mieux sur le salon. C’est cependant un magnifique champagne, très accessible, et sans aucun doute une des meilleurs cuvée non millésimée (les fameux BSA qui représente 90% des champagnes et sont souvent sans intérêt). 734 dans la version actuelle est un vin très peu dosé, autour de 3,5g/l (on est très loin des 12g/l d’un Veuve Cliquot ou des 9g/l d’un Moët et Chandon), mais attention toutefois car une autre version a été au départ tirée à 6g/l, ce qui donne deux vins très différents. Le millésimé 2002 est d’une telle jeunesse qu’il est injugeable en ce moment, attendre impérativement. Enfin, Avize Grand Cru gorgement Tardif 1995 est une référence absolue en la matière, comptez pas loin de 150€ pour déguster cette merveille… (Notes des vins : 80-95/100 ; Mention du domaine : Excellent-Exceptionnel ; Prix indicatifs : 35-150€)

Passons maintenant à BORDEAUX :

Brièvement, je vous rappelle mes déceptions plus ou moins relatives avec, dans l’ordre croissant : Cos d’Estournel, Guiraud, Kirwan, Clos Haut Peyraguet. J’ajoute que sauf exception, 2007 a confirmé qu’il était un millésime médiocre. Il existe quelques bons vins mais je vous enjoins de déguster avant achat car le style des vins est très particulier quand il n’est pas raté. 2008 en revanche est un millésime qui donne de très jolis résultats, on reparlera de lui dans quelques années mais je pense que nous découvrirons de belles choses.

Château d’Issan est l’un de ceux qui m’a le plus emballé, avec en particulier un très bon 2004 à consommer dès à présent sans arrière pensée. 2008 chez eux est d’une grande qualité bien que beaucoup trop jeune. Son voisin, Château Lagrange proposait également 2004 et 2008 à la dégustation avec le même succès. Sans aucune hésitation, je vous recommande ces deux bordeaux, dont le prix est par ailleurs encore raisonnable. Le Domaine de Chevalier livre quant à lui des 2007 de très bon niveau : le rouge est beaucoup trop jeune mais ne présente aucune déviation et une bonne matière, le blanc quant à lui est un des meilleurs vins que j’ai goûté sur le salon.

Palmer, malgré la grande finesse de ses vins, notamment un 1996 entre deux, qui est en passe d’atteindre sa maturité, n’arrive pas à me faire oublier son tarif insensé. Beychevelle proposait un parallèle instructif entre 2007 et 2008. Ce sont des vins de bon niveau.

En liquoreux, Château Gilette proposait 1989 à la dégustation comme vous ne vous en doutez peut-être pas, c’est encore beaucoup trop jeune mais prometteur. Jugement à formuler dans une dizaine d’années, je pense. Climens 2007 est par contre déjà très impressionnant. Un vin magnifique, dense, complexe et doué d’une fraîcheur qui fait si souvent défaut dans la région. Très grand vin !

Il y en avait bien d’autres mais j’en reste là, je pourrais vous signaler un bon Château de Fieuzal, un correct Château L’Arrosée  ou un bon Branaire-Ducru mais je conclurais sur le fait qu’en dehors du Domaine de Chevalier Blanc 2007 et de Climens 2007, les Bordeaux livrent des vins sans grande émotion, plutôt bien fait mais souvent proches les uns des autres et finalement d’une qualité plutôt moyenne (vins notés entre 70 et 85/100).

Grand Tasting 2010 : Alsace


Après les deux préambules d’hier et avant-hier, je me lance maintenant dans un compte rendu de l’ensemble du salon, l’ensemble des vins intéressants et moins intéressants que j’ai pu y goûter.

Côté synthèse, je dirais que le Grand Tasting est un salon qui commence à bien marcher. L’espace est enfin suffisant, les verres sont bons, les rince-verres pratiques… que manque-t-il ? Un carnet de dégustation mieux organisé (c’est bien, l’ordre alphabétique, par exemple, le VRAI ordre alphabétique), avec un rappel de la page à côté du numéro de stand. Disperser les vignerons sans logique est par ailleurs certes positif pour que les visiteurs ne se limitent pas à des thématiques mais je m’interroge sur la réelle pertinence de la chose : on passe son temps à marcher, chercher… corrélativement, je pense qu’il ne serait pas du luxe de disposer quelques chaises le long des murs car l’absence totale d’endroits pour s’asseoir est très fatigant quand on passe sa journée à piétiner d’un stand à l’autre. Finalement, la prise-dépose des verres est un peu pénible. En somme, le salon est presque irréprochable.

Passons aux dégustations. Je procéderai par ordre de région. Alsace pour commencer.

L’Alsace était plutôt peu représentée. Sept producteurs dont deux coopératives (de bonne niveau). Cependant, la qualité était élevée. Je retiendrai trois producteurs, dans trois styles très différents. Marcel Deiss, Agathe Bursin et Mélanie Pfister.

Bien qu’il était difficile de s’approcher (à part le matin), du stand de Marcel Deiss, il organisait une présentation rodée et pédagogique de cinq de ses vins. Extrêmement instructif et efficace. Les vins par ailleurs étaient superbes, très alsaciens sans être typés par les cépages. La démarche de M Deiss, que je vous invite à découvrir sur son site internet, consiste à travailler l’expression des terroirs sur la base de la complantation (et non du cépage). En outre, il cherche à identifier les 1er Crus, confirmer les Grands Crus et à rendre plus rigoureuse la réalisation des vendanges tardives en définissant par exemple des terroirs apte à produire ce type de vin plutôt que de réaliser une sélection finalement sans personnalité sur l’ensemble du vignoble. Quid des vins ? Ils sont puissants, fins et complexes, assurément au sommet de ce que l’on peut trouver en France. Ils sont destinés à la garde (à l’exception des entrées de gamme) et il leur faudra au minimum cinq à dix ans pour bien s’exprimer. Style de vin comportant du sucre résiduel mais extrêmement bien intégré. Le Grand Cru Altenberg de Bergheim 2005 chiffre ainsi à 100g/l de sucres résiduels mais n’en goûtait que 25-30, jamais je n’aurais pensé qu’il avait déjà 5 ans… (Notes des vins : 85+ à 90+/100 ; Mention du domaine : Exceptionnel ; Prix indicatifs : 20-60€).

Agathe Bursin joue dans un tout autre registre. Elle propose des vins beaucoup plus souple, faciles et immédiats. A mes yeux, les arômes et la pureté du fruit sont couverts par des sucres résiduels (pourtant moins important que chez Deiss) trop présents et dont je ne pense pas qu’ils s’intégreront. Je qualifierais ses vins de charmants. Ils plairont car immédiatement aromatiques. La VT (Vendange Tardive) m’a paru sans intérêt. Le Pinot Noir 2008 est en revanche merveilleux, un exemple ! (Notes des vins : 70-85/100 ; Mention du domaine : très bon ; Prix indicatifs : 8-30€).

Finalement, je voulais vous parler de Mélanie Pfister. Si je ne me trompe pas, elle est à la tête du domaine Pfister depuis 2006. Je dirais qu’elle représente le futur de l’Alsace. J’ai réellement adoré ses vins. Ils sont superbes, riches mais secs, avec de belles acidités. Les millésimes 2007 et 2008 sont superbes avec une préférence pour 2007. C’est assurément un domaine à suivre, je vous tiendrai au courant de l’évolution de ces très belles bouteilles, destinées il me semble à un avenir radieux et à une apogée dans les 10 prochaines années. Par rapport à Marcel Deiss, Mélanie travaille des cépages et vinifie, donc, sans sucres résiduels avec une bonne expression des terroirs. Mention spéciale pour ses grands crus Engelberg ! (Notes des vins : 75-90/100 ; Mention du domaine : Excellent ; Prix indicatifs : 8-30€).

Trois domaines et trois styles très identifiables, tous recommandables. Grands vins complexes, de terroir et à conserver pour Marcel Deiss ; des vins souples et charmeurs pour Agathe Bursin ; et des Rieslings (et Gewurztraminer) purs pour Mélanie Pfister. Peu d’Alsaciens mais belle présentation !

Mon ordre personnel de préférence ? 1- Pfister, 2- Deiss et 3- Bursin. Je place Pfister car je trouve ses vins plus accessible (d’un point de vue pécuniaire) que ceux de Deiss et je préfère parier sur un futur grand domaine que d’en rester à une valeur confirmée du vignoble français, en puissance pure et en complexité, (à confirmer à l’aveugle) Deiss garde quand même une grosse longueur d’avance. Bursin en dernier car je n’ai pas trop accroché l’équilibre des vins.

Grand Tasting 2010 : les grandes incompréhensions


Sur un salon, il est toujours important de prendre en compte que l’on déguste forcément plus mal qu’ailleurs : même verre pour tous les vins (même si on peut facilement le laver, ce que je fais immanquablement un stand sur deux ou trois), ouverture des vins aléatoire, température pas toujours idéale, bousculade, concentration difficile… A fortiori quand les impressions sont mauvaises, il faut toujours regoûter à tête reposée. Cependant, cela n’interdit pas de s’interroger voire même de constituer des doutes sérieux sur un vin, d’abord parce qu’on peut le goûter plusieurs fois sur le salon et ensuite parce qu’on peut avoir l’habitude de ces événements.

Prenons donc les choses par le menu.

Cas numéro 1, les vins fermés :

Jacky Blot et les vins de la Taille aux Loups (Montlouis sur Loire) : Je note car c’était flagrant, la gamme 2009 blanc n’avait rien à dire sinon une belle acidité. La mise en bouteille datait d’un mois et ceci explique cela. Je pense que les vins sont plutôt réussis mais il faudra regoûter dans quelques mois. Ma question, à quoi cela sert-il de présenter ce type de vin à un public souvent non initié ?

Dans une certaine mesure William Fèvre présentait aussi des vins fermés, en particulier les Preuses 2007, mais ils étaient quand même un peu plus accessibles.

Paul Jaboulet Aîné les Crozes-Hermitages étaient très fermentaires et chimiques, les Hermitages très fermés… ou très… pas au niveau.

Cas numéro 2, les paradoxes :

Le Clos des Fées, ces vins m’ont vraiment interrogés. Plus je dégustais et plus j’aimais tout en aimant de moins en moins. Comme une lassitude envahissait mon palais ou le sentiment d’un vin qui me ment… j’ai beaucoup de mal à me prononcer. Est-ce que ce sont des vins juste très extraits et très élevés ou des futurs grands encore rustres ? J’aurais vraiment aimé pouvoir goûter une Vieille Vigne ou un Clos dans un millésime plus ancien, plutôt que la Petite Sibérie, qui pour moi est à un exercice de style mâtiné d’outil marketing (réussi de ce point de vue), que j’ai beaucoup de mal à apprécier. Attention, je n’ai pas dit que c’était mauvais, mais je trouve que ça cherche à en mettre plein la vue (le palais) sans réellement avoir la subtilité nécessaire au bout du verre. En revanche, je tiens à saluer la générosité, le grand dévouement et tout simplement la gentillesse de M Bizeuil, qui nous a fait déguster de nombreux millésimes de la Petite Sibérie. C’est un geste, en plus d’être coûteux, extrêmement risqué. Les Bordelais pourraient s’en inspirer, eux qui nous présentent souvent des vins moyens, sur des millésimes récents, et qu’il faudrait croire sur parole quand ils mettent leurs défauts sur le compte de la jeunesse, systématiquement.

Luciano Sandrone, là encore étrange impression mais pas dans le même sens. J’oscille entre des vins que je n’ai pas compris, des vins fermés et un style qui ne me convient pas. Vu ce que j’ai déjà goûté chez lui, j’hésite à le mettre dans la catégorie précédente ou suivante. Je le laisse donc entre deux eaux. Assurément, c’est très cher.

Cas numéro 3, les pas au niveau :

Paul Jaboulet Aîné, fermés ou pas, les Hermitage ne sont pas au niveau de leur terroir. Il y a un manque de jus, de structure. J’ai énormément de mal à me projeter dans un futur radieux pour La Chapelle 2007 par exemple.

Chapoutier, oui, c’est mieux mais de même, pour des Hermitage, le résultat est bien simple et les tarifs sont juste indécents.

Renato Ratti, du Barolo, ça ? Fûts trop vieux, vin trop longtemps en barrique. J’ai de même un doute sérieux sur la capacité du jus à s’en remettre. Les arômes tertiaires sont déjà là, de même qu’un boisé très sec.

Cos d’Estournel, en soi, pas mauvais. Quoi ? « PAS MAUVAIS »… pour un vin au sommet de son appellation et à un prix non moins au somment, nous pouvons attendre plus. Alors on me dira que 2007 n’est pas un grand millésime… certes, mais dans ce cas, on aligne quand même le prix et on ne présente pas ça. Sinon, il faut admettre qu’on vend un produit spéculatif mais pas du vin.

Guiraud, problème de bouteille ? Je n’ai jamais goûté un Guiraud aussi fadasse. C’était le 1998, certes pas le millésime du siècle en Sauternes.

Cas numéro 4, les médiocres (défectueux, déviations fortes, mauvais équilibre…) :

La Roche aux Moines (Savennières) : Quand je suis passé, les vins étaient affreux, littéralement infects. Pour moi, ça n’était pas une question de fermeture ou de température. Je regoûterai car j’ai eu suffisamment de bons retours sur ce domaine que je découvrais pour ne pas les enterrer là-dessus.

Kirwan excite les débats, certains arguant qu’il n’a pas le niveau, d’autres vantant le retour en grâce du domaine. Soyons clairs, le second vin est sans intérêt et 2007 est médiocre. C’est le plus mauvais Bordeaux que j’ai goûté sur le salon (donc on dira que ça le place dans les moyens, vu la qualité de la sélection). 2008 est au mieux quelconque. A mes yeux ce sont des vins de seconde zone, pas très en phase avec leur terroir d’ailleurs. Mais je reconnais aussi que comparant l’ensemble des vins (2000, 2006, 2007, 2008), une évolution est en cours au domaine. Gageons que 2009 soit en effet plus intéressant.

Clos Haut Peyraguet, voilà qui confirme mes précédentes dégustations : un vin décharné, sans matière et qui n’a donc rien à dire. Après Climens, la comparaison a été sévère.

Mas Amiel : suite à un récent débat où j’ai trouvé la défense un peu trop agressive pour être honnête, j’ai voulu rejuger sur pièce. Le style est vraiment sur le sucre et les vintage font preuve d’un sérieux manque de profondeur. 2007 comme 2008 sont plutôt simpliste et flatteurs. Ces vins pourront plaire mais il ne sont pas du tout au niveau de l’appellation ni de leur tarif. Franchement, où est l’intérêt de faire un haut de gamme sans personnalité ? Passe encore pour le Vintage mais la cuvée Charles Dupuy, je ne comprends pas. Pour ce domaine, il est clair qu’une autre dégustation s’impose et de préférence à l’aveugle car il est pour moi, à moins d’un changement drastique, quasi enterré.

C’était donc la seconde partie de ce compte rendu sur le Grand Tasting 2010. Je pense qu’avec ça, nous avons fait le tour de la question sur les vins discutables. Pour bientôt, les autres, les bons et les très bons ! Je vous préviens d’avance que vous ne retrouverez pas tout ce que j’ai dégusté et vous conseille donc de ne pas hésiter à m’interroger si certains vins vous intéressent ou si vous souhaiteriez que je précise mes analyses (parfois brutales!).

Grand Tasting 2010 : les très grandes émotions


Un salon sur deux jours signifie plusieurs centaines de vins pour une soixantaine de domaines. C’est un exercice difficile autant physiquement qu’intellectuellement, même quand le salon en question ne propose pratiquement que des vins d’une qualité supérieure.

Et pourtant ! au milieu de cette foule de bons et grands vins, certains parviennent à faire la différence, à donner ce petit plus qui apporte cette émotion toute particulière, unique, qu’on touche parfois au cours d’une dégustation. Pour notre premier billet sur ce salon, nous allons vous livrer cette liste. Il se trouve qu’il n’y en a que quatre, de styles très différents et tous de 2007.

1- Sottimano, Barbaresco Pajoré 2007, Barbaresco DOCG

Un vin en finesse, en pureté et en structure. Il était présenté aux côtés de Cotta, un barbaresco plus sur le fruit compoté, plus accessible. Ce qui m’a plu dans Pajoré, c’est au contraire, cette justesse d’arôme et un équilibre supérieur du fait d’une concentration moins sensible. Un très grand vin dans un remarquable millésime 2007 (semble-t-il) en Piémont.

2- Gourt de Mautens, Rasteau 2007, Rasteau AOC

Le seul français du palmarès, mais quel français ! Ce domaine a entre autre particularité de vouloir livrer des vins déjà mûrs et appréciables à leur commercialisation. 2006 est encore à la vente et 2007 commence sa carrière. Même si 2006 est beaucoup plus fait que 2007, j’ai préféré ce dernière qui me semble avoir encore plus de fraîcheur. Ces vins sont solides, puissants et charnus, d’un style surprenant. La bouche est massive tout en restant fraîche, avec énormément de fruit et surtout une puissance croissante. L’attaque nette est suivie par une explosion aromatique en milieu et fin de palais. On retrouve de surcroît des épices, de l’olive noire… et de la concentration. Un vin remarquable fait avec, on l’aura deviné dans le verre, des rendements pour le moins réduits, de 10-12 hl/ha. (Désolé, pas de photographie pour ce vin dont je n’ai trouvé aucun exemplaire fiable).

3- Fontodi, Flaccianello della Pieve 2007, Colli Toscana Centrale IGT

Retour en Italie pour une toute autre chanson. J’ai abordé ce vin avec un peu de circonspection, sachant combien il a été encensé par un ancien du Wine Spectator, Mr Suckling, d’autant plus qu’il a été décrit comme un « blockbuster »… C’est un vin d’une densité impressionnante, la concentration est poussée à son extrême mais avec une fraîcheur remarquable et une qualité de tannins (très présents) superbe. Le boisé est présent mais pas du tout dominant car la qualité de ce Sangiovese le supporte complètement. Il est complexe, structuré et équilibré : il évite tous les pièges de la maturité poussée, de l’extraction et de l’élevage. Vraiment un vin réalisé de main de maître, certes atypique pour la région, mais qui est indéniablement parmi les plus grands vins que j’ai pu goûter cette année.

4- Mario Lucchetti, Mariasole 2007, Lacrima di Morro d’Alba DOC

Pour moi, ces vins sont LE choc du salon. Autant son Mariasole que je sélectionne ici que son Guardengo, dans un style peut-être plus facile. Ces vins sont réalisés avec le cépage Lacrima dans la région des Marches. La surprise vient des arômes très peu communs avec entre autre la rose, la violette, le litchi et la cerise. On a un peu l’impression de goûter un Gewurztraminer rouge ! Mariasole est par ailleurs réalisé en employant la technique de l’appassimento (une partie du raisin est séché avant vinification). Il en résulte un vin plus complexe, toujours bien équilibré, mais beaucoup plus dense et plus retenu. Reste à savoir si la curiosité fonctionnera toujours quand j’aurai goûté dix millésimes.


 

 

Dégustation de verres : Verre à Champagne (sekt) Fortissimo Schott-Zwiesel


Cette fois, point de comparatif, juste quelques remarques sur le verre à champagne de la série Fortissimo (ref. 8560/7). Ce verre est classé en allemand sous le vocable « sekt » qui désigne des pétillants très simple, entrée de gamme. Au contraire, une série de verres plus complète, Viña, toujours chez Schott-Zwiesel, distingue clairement entre le verre « Sekt » et le verre « Champagne ».

Série Fortissimo, le verre à sekt se trouve en deuxième position en partant de la droite.

La désignation est tout à fait juste, ce verre, bien que de bonne facture est trop resserré pour permettre la bonne expression d’un vin effervescent de qualité supérieure.

En matière esthétique, le verre ne souffre aucun défaut majeur. Du point de vue de la finesse, on rejoint les standards de la série (ce qui rend le verre un peu épais relativement à sa taille générale). Par contre, son aspect « flûte » rend très limitée l’aération du vin dans le verre. Il devient donc difficile d’apprécier le bouquet du vin, qui ressemble plutôt alors à une colonne aromatique raide, engoncée comme un cou dans un col de chemise trop serré. L’impression d’absence d’ampleur est extrêmement frustrante.

En revanche, si on le considère pour ce qu’il est, c’est-à-dire un verre pour effervescent simple, il remplit parfaitement sa tâche : l’épaule plus large, le col qui se resserre légèrement permettent un jolie expression des crémants et autres prosecco. On appréciera aussi le micro-marquage de la flûte qui permet une effervescence contrôlée et plus efficace.

Verre donc à réserver à ce type de vin facile et immédiat. Pour les champagnes plus évolués, on préférera le verre à champagne dédié de la série Viña (ref. 8465/77) ou Top Ten (excellent verre, malheureusement discontinué)…

Synthèse : Schott-Zwiesel, Verre à Sekt Fortissimo (8560/7)

Avantages :

– Design adapté aux effervescents simples

– Micro-marquage permettant une effervescence contrôlée donc plus longue.

– Résistance excellente.

– Très bon rapport qualité/prix

Inconvénients :

– Verre inadapté aux effervescents évolués ou plus complexes (type champagne oxydatifs, grandes cuvées, vouvrays évolués…).

– Défauts intrinsèques à la flûte : confort de dégustation limité (diamètre du buvant très fin)