Mois: mars 2011

Verticale de l’Infidèle du Mas Cal Demoura


Il est des dégustations dont on se souvient, parce qu’elles sont des moments forts, avec les vins et au delà. Cette verticale du Mas Cal Demoura est de celles-ci.

Une verticale de l’Infidèle, le vin qui a fait l’histoire du domaine, sur 10 ans et 6 millésimes. Nous avons eu l’immense plaisir de visiter L’Infidèle 2008, 2007, 2006, 2003, 2000 et 1998 (qui à cette époque, elle ne s’appelait pas encore l’Infidèle).

Rappelons que la main a été passée en 2004 après un 2003 réalisé en étroite coopération mais qui porte encore nettement la marque de son créateur. Le changement de style est flagrant sur 2006 et suivant. Les vins ont tous été ouvert deux heures avant, goûtés et rebouchés, sauf 2006 qui a été carafé. Les vins ont été dégustés par ordre décroissant de millésime dans des verres fortissimo Schott-Zwiesel.

1- L’Infidèle 2008 : 89/100 ; 5 +

Présente une légère réduction à l’ouverture. La Syrah est dominante dans ce vin. Le nez est immédiatement poivré, épicé. Puis déroule le fruit, riche, expressif quoiqu’un peu agressif (jeunesse). En bouche, le vin est épais, vineux. Les fruits sont noirs, tapissent. Il y a une richesse presque de tarte aux myrtilles en bouche. La finale est longue, fraiche, multicolore. Un vin jeune, qui demande à trouver un équilibre (un an), complet, dense. Magnifique. Un Grand vin.

2- L’Infidèle 2007 : 92/100 ; 5 +

Après 2008, la marche va être haute, même si 2007 m’a déjà impressionné plusieurs fois. 2007 est un millésime frais en Languedoc et un grand millésime. 2008 était superbe et 2007… est encore supérieur. Tout est plus dans ce vin. Les arômes, la structure, l’équilibre, la finesse, la qualité des tannins. La bouche est dense, profonde, architecturale. Les épices disputent les fruits dans un crescendo aromatique. La longueur, elle aussi, est magnifique. Moins puissant que 2008, moins jeune aussi, 2007 me semble plus porté par la Grenache et le Mourvèdre mais au delà de toute analyse, c’est juste un vin magnifique que je n’ose même pas imaginer dans 5 ans… Exceptionnel ! Par rapport à la dernière dégustation de ce vin, cette bouteille est un cran au dessus.

3- L’Infidèle 2006 : 82/100 ; 10 ++

Après les deux immenses vins, déjà accessibles que sont 2007 et 2008, le discret mais solide 2006 joue dans une tonalité totalement différente. Le nez est très discret, retenu mais construit. La bouche est portée par une structure tannique impeccable, beaucoup plus présente que sur 2007 et 2008 et élève un fruit très dense, compact, un peu refermé sur lui même mais terriblement attachant. 2006 a été un millésime d’été chaud, avec des peaux épaisses, des maturités décalées. Ce vin est tellement ça : comme un raisin caché sous sa peau, dure, impénétrable. A l’heure actuelle, ce vin s’exprime moins que les autres, dans un registre de basse plutôt que de ténor trimphant, mais sa structure en font un excellent compagnon de table et je n’hésite pas une seconde à parier sur son avenir. Deviendra-t-il plus grand que ses cadets… à voir ! Rendez-vous dans 5 ans.

4- L’Infidèle 2003 : 80/100 ; 0 0

Je ne pense pas qu’il faille attendre plus longtemps cette bouteille. D’emblée, je peux aussi dire que si vous êtes un amateur de l’ancien style de la maison, ce vin vous ravira et mériterait alors quelques points de plus. Nous trouvons immédiatement au nez des notes d’évolution et la robe tire déjà sur la brique. Cuir, fourrure, le vin est très animal au nez, avec un peu de fruit en arrière plan. La bouche laisse parler la puissance mais bien fondue. Le fruit est encore bien présent et le vin est d’un très bel équilibre. Moins fin que les trois précédents, c’est une bouteille à maturité.

5- L’Infidèle 2000 : 75/100 ; 0 –

A l’ouverture, impossible de ne pas remarquer une coulure importante, le bouchon est intégralement taché. Un vin vraiment très évolué, fortement marqué par le registre animal et tertiaire. Il est nettement en retrait par rapport aux autres, mais reste plaisant, dans son style un peu extrême. En bouche, tout est très rond, les tannins sont insensibles et une petite amertume vient juste un peu gâcher la finale. L’effet de la coulure n’est pas clair au départ, même si l’évolution marquée du vin y semble liée. La surprise (logique) vient deux jours plus tard : ce vin n’a absolument pas bougé… bénéfice d’une oxydation lente ? 🙂

6- L’Infidèle 1998 : 94/100 ; 0 0

Indiscutablement, ce vin est à son apogée et cette bouteille est parfaite. Couleur un brin plus évoluée que 2003. Au nez, les arômes tertiaires sont nobles et ne dominent pas le fruit, très doux, très patiné. La bouche est déliée, douée d’une magnifique fraîcheur, de tanins splendides et d’un fruit frais très élégant. Là encore le tertiaire, sous-bois, humus, cuir léger, vient soutenir, épicer l’ensemble plutôt qu’il ne s’impose. Ordre et beauté : tout est à sa juste place pour une harmonie idéale. Très grande bouteille, magique. Si toutes sont à ce niveau là, c’est un vin qui supportera encore 5 années sans perdre de son éclat.

Ce fut un grandiose voyage dans le temps, où les millésimes nous ont parlé, où l’on sentait le vent dans les vignes et le soleil sur la peau des raisins. Tous ces vins étaient admirables à part un 2000 un peu en deçà. Le changement de style en 2004 est absolument évident et même si 1998 l’emporte au bout du compte par sa maturité, il est indiscutable que le style plus élégant, plus délicat de Vincent Goumard l’emporte par l’universalité et le plaisir immense qu’il procure.

A la fin de cette journée, nous ne pouvions que nous retrouver dans les mots suivants : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ! »

Salon des Vignerons Indépendants de Mars 2011


Comme à l’automne dernier, je vous livre une liste, en aucun cas exhaustive, des domaines que vous pourriez visiter durant le Salon des Vignerons Indépendants de Paris. Je les ai classés par région et je n’ai retenu que les tous meilleurs. Si vous souhaitez plus d’informations, n’hésitez pas à déposer des commentaires.

ALSACE

La région alsace n’est pas la mieux représentée au SVI, même en mars. Citons :

– Domaine Pierre Adam (N 13)

BORDEAUX

Pour Bordeaux, vous aurez l’embarras du choix. Je n’en cite que deux :

Château La Tour Blanche (J 13)

Vignobles Darriet (D 45) : De belles choses en rouge et blanc à un tarif juste. Les Loupiacs vieillissent admirablement et sont chaudement recommandés.

BOURGOGNE-BEAUJOLAIS

Plusieurs domaines valent le détour. Attention aux visites à l’aveugle, on peut avoir de très mauvaises surprises !

– Domaine Buisson Henri et Gilles (A 12) : les vins sont d’un bon rapport qualité-prix, mention spéciale pour les Cortons.

– André Bonhomme (D 59) : Viré-Clessé. Des vins très purs, taillés pour la garde.

– Domaine Magnien Michel & Fils (G 18)

– Domaine Tortochot (H 25) : Basé à Gevrey-Chambertin, classique.

JURA-SAVOIE

Une chose à ne pas manquer.

Domaine Dupasquier (M 15) : appellations de Savoie, sa Roussette Marestel est un vin incontournable.

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Sans doute le plus gros contingent de produits de qualité avec les Sud-Ouest, tour d’horizon :

Mas Cal Demoura (L 5) : Terrasses du Larzac. A ne manquer sous aucun prétexte, c’est LE domaine montant du Languedoc et du salon. Un nouveau blanc est produit depuis l’an dernier, que nous vous conseillons de découvrir, quant à l’indémodable L’Infidèle, c’est désormais un vin de référence dans la région.

Domaine de Vénus (C 5) : Roussillon. Là encore un domaine très intéressant. Son vin à ne pas rater est l’Effrontée 2008, un blanc de Grenache avec quelques pour-cent de maccabeu. Les Démons, sa cuvée rouge haut de gamme, est une vision intéressante de la Syrah du sud.

Domaine Bertrand Bergé (B 9) : Fitou. 2008 est un millésime d’exception chez lui. La cuvée Jean Sirven 2008 est monumentale !

– Château de Nouvelles (K 18) : Fitou. Une autre référence, très bon rapport qualité-prix. Des vins plus souple et très bien constitués. Son Muscat est magique.

– Mas de Cynanque (E 14) : Saint-Chignan. Un jeune domaine qui avance vite et bien, à suivre.

– Domaine du Grand Arc (L 10) : Corbières. Très bon rapport qualité-prix, jolis vins dans différents styles.

– Mas de Martin (G 5)

Notons pour les grands noms que le Mas Amiel est aussi présent. Je ne vous recommande pas ses produits qui sont beaucoup trop sucrés et dont l’équilibre n’est plus aussi bon. De même Cazes, l’ex-spécialiste de Rivesaltes, dont les vins manquent furieusement de personnalité depuis quelques années.

LOIRE

François Chidaine (F 2) : Montlouis-sur-Loire/Vouvray. Le chef de file des vignerons de Montlouis. Ne fait pas toujours l’unanimité mais est un incontournable du Salon.

– Domaines Landron (J 31) : Muscadet Sèvre et Maine. Incontournable. Après un millésime 2009 complètement atypique (et en retrait), 2010 est prometteur.

Domaine aux Moines (J 24) : Excellent domaine de Savennières.

– Domaine Breton (E 6) : A connaître et à déguster en rouge. Belle gamme, référence pour certains, à vous de vous faire une idée.

PROVENCE-CORSE

Une région assez bien représentée. On retiendra :

– La Roche Redonne (L 9) : Bandol. Bien fait, innovant (Cuvée La Lyre), bien tarifé… à goûter 😉

– Domaine Clos Colombu (K 40)

– Domaine Leccia (E 39)

RHÔNE

Domaine de la Janasse (H 6) : un des grands de Châteauneuf-du-Pape. L’accueil n’est pas toujours chaleureux vu la demande de curieux à laquelle ils font face mais les vins sont très beaux, dans un style plutôt puissant et moderne.

– Château La Gardine (L 2) : un classique de Châteauneuf. Son Tradition est de très bonne facture et surtout sa cuvée des Génération Marie Léoncie (un blanc) est une référence absolue de la région.

SUD-OUEST

2008 est un millésime magnifique dans le Sud-Ouest, l’occasion de goûter des choses intéressantes, d’autant que c’est une région extrêmement bien représentée.

Clos Triguedina (G 17) : Cahors. Domaine phare. Ses 2008 sont fabuleux, un travail très intéressant et très pédagogique a par ailleurs été réalisé sur des cuvées parcellaires. Grosse recommandation pour Le Clos Triguedina 2008 et Probus 2008.

Château Lacapelle-Cabanac (D 18) : Cahors. Plus récents. Les vins sont aussi plus modernes, puissants, expressifs… jouissifs !

– Château Eugénie (C 29) : Cahors. On retiendra en particulier la magnifique et bon marché Cuvée Réservée de l’Aïeul, indéniablement le meilleur vin du domaine. La grande cuvée Haute Collection n’est pas le meilleur exemple de la région pour ce type de vin.

– Domaine Cauhapé (B 17) : Jurançon. Grands liquoreux, à ne pas rater.

– Domaine des Gravalous (E 18) : Cahors, dans un style assez traditionnel. Tarifs sages.

– Mas Del Périé (M 08) : Encore un bon Cahors.

– Domaine de l’Ancienne Cure (P 10) : Leurs cuvées prestige sont trop boisées et trop extraites, mais les entrées de gamme sont très belles.

Pour les pressés, la short-list des « meilleurs » en VERT. Bonne visite et bonne dégustation !

Le mensonge de la capsule à vis.


En décembre dernier, au hasard d’un salon que tout le monde reconnaîtra, je suis passé déguster les vins d’un certain domaine de Loire. Je n’aurais aucun scrupule à le nommer car ces produits sont d’une qualité irréprochable et parmi les meilleurs de son appellation, mais ce nom n’a pas d’intérêt dans ce qui est une illustration d’une idée très répandue.

Ce jour là, j’ai été profondément agacé par le discours militant de la maison sur leur choix de bouchage, à savoir la capsule à vis. Le vigneron va jusqu’à dire, que ne pas utiliser ce système revient à commettre une faute professionnelle (ce sont ses propres termes). Une autre personne sur le stand affirmait que cette méthode assure de n’avoir aucun défaut de bouchon. Or ceci est rigoureusement faux.

La capsule à vis évite 80% des contaminations au TCA, c’est vrai. Je rappelle que le TCA (et apparentés) est la molécule qui donne le fameux goût de bouchon. Le bouchon en est le principal vecteur, mais elle peut aussi provenir d’une contamination de la cave, des cuves ou des fûts… etc… La capsule n’étant pas traitée ni produite de la même façon, on a l’assurance de ne pas être contaminé par cette voie. Peut-on alors dire que c’est un bouchage parfait ? de ce point de vue, oui. Sauf que ce n’est pas le seul.

Il existe en particulier un problème, un défaut, lié spécifiquement à la capsule à vis, qui est celui d’une réduction plus ou moins prononcée du vin. La réduction est l’effet de la privation totale d’air et plus spécifiquement d’oxygène sur le vin. Normalement, une réduction disparaît avec l’oxygénation ou avec le vieillissement en bouteille. Le cas type est celui des Syrahs du Rhône septentrional.

Quand le défaut se présente dans un vin sous vis, le résultat peut être dramatique. Au pire on arrive à des odeurs d’oignon ou de choux-fleur qui sont en général rédhibitoires (impossible de corriger par l’aération) ou des odeur de mercaptan « moins » définitives. Nous nous trouvons alors dans le registre de l’oeuf pourri ou du poisson de vase, boîte de conserve… Cette semaine, j’ai croisé un Pinot Noir dans cet état, il a eu besoin de trois jours d’ouverture à mi-bouteille pour se libérer de cette réduction (sans compter qu’il avait été ouvert deux heures, shaké…). Autant dire que le défaut est lourd de conséquences.

Vous pourrez alors objecter que sa fréquence est moindre que celle du goût de bouchon. C’était sans doute vrai au pic des contaminations, dans les années 1990. Sur mon expérience personnelle, l’an dernier, j’ai eu une fréquence environ trois fois plus élevée de défaut de capsule à vis que de bouchon. Mon cas n’ayant pas de valeur statistique (échantillon non représentatif…), je m’en tiendrais à dire que le taux de défaut n’est pas inférieur à celui du bouchon liège, par contre, il est certain que certains vins y sont plus sensibles que d’autres.

Nous en venons donc à la conclusion qui est celle du bon sens : il n’y a pas de solution idéale. Tout les systèmes ont leurs avantages et leur défauts. Dire que la capsule à vis assure de ne pas avoir de défaut induit par le bouchon est au mieux le fruit d’une incompréhension et au pire un mensonge.

Alko’s: Negroamaro Allora 2008 by Calastrati (Italia, Puglia)


This will be a very short review.

Since a few month I am focusing on entry level wines from Alko (below 10€) and I often face disappointing bottles. However sometimes one wine stands out and delivers.

This is the case with this Negroamaro Allora 2008. Negroamaro is a local grape of the Puglia in the southernmost part of Italy. This one is a textbook easy drinking wine. Nice aroma of cherry, good acidity and little persistence make it a good value for money product. It is not exceptional but it is serviceable and stand among the best wines in that price range.

Wineops’ rating: 69/100 ; 0 0

Link to Alko: HERE.

 

Quick review : Meursault 1er Cru Genevrières 2008 by Bouchard Père&Fils (France, Meursault)


En Décembre, comme beaucoup d’entre vous, j’avais eu l’occasion de découvrir le millésime 2007 de ce Premier Cru. Bien que très bon, il était nettement boisé, un peu Californien dans le texte. Un style particulier que je ne dénigrerai pas car il correspond à certains plats et certains goûts.

J’attendais 2008 au tournant, dans la même veine, mais avec un raisonnable espoir que ce soit un cran au dessus, compte tenu des différentes informations que j’ai pu glaner sur le millésime et le vin. Et c’est le cas.

C’est au plan de l’élégance et de la finesse que ce Meursault 1er Cru Genevrières (domaine) 2008 en remontre au 2007. Moins intense en ce moment car sans doute un peu plus taillé pour durer et d’un an son cadet, il présente une palette olfactive complète, allant de la noisette aux fleurs, en passant par le pain grillé, l’amande et le citron. En bouche le vin est marqué par une grande fraîcheur, tout en conservant ce gras qui est la patte du cru. C’est un très beau vin, indéniablement encore jeune et qui devrait commencer à ce livrer avec plus d’évidence dans trois ans.

La note Wineops : 83/100 ; 5 ++ (le 2007 serait un 75-77/100)

Un Meursault vraiment magnifique, qui en dit long de la qualité des 2008 chez Bouchard P&F. Plus fin, plus complexe et plus élégant que 2007, il lui cède au plan de l’intensité aromatique et peut-être du plaisir immédiat. A servir sur les poissons en sauce mais aussi certaines viandes blanches peu relevées.

Mustango 2009 by La Nouvelle Don(n)e (France, Roussillon)


La Nouvelle Don(n)e a été fondé par Wilfried Valat, un oenologue qui fit ses classes en Bourgogne (mais aussi à Bordeaux). C’est un domaine juché sur le col de la Done, comme son nom l’indique, et dont l’objectif a été de mettre en pratique sa vision des terroir de l’Agly. Pour plus de détail, je vous réfère au site qui donne une image très juste des vins et du style.

Ce que j’ai vu dans ses vins, c’est effectivement une approche neuve et fraîche de ces terroirs. C’est aussi une vision intelligente, qui sait appliquer une précision bourguignonne à ses vins. Il ne semble pas d’ailleurs absurde de retrouver un sorte de « style » rappelant cette région dans Mustango. La dégustation en parallèle d’autres Grenache Gris-Maccabeu de la région est éloquente en la matière (par exemple Naïck 009 de l’Oustal Blanc ou l’Effrontée du Domaine de Vénus).

Mustango 2009 c’est un vin assez unique avec un Grenache (gris ou blanc) à 40%, épaulé de Carignan Blanc à 40% et de Maccabeu à 20%. Ce vin dans sa version 2010 est par contre un 100% Grenache. Il est encore jeune et un peu fermé et se comporte mieux après un carafage d’environ une heure. A l’ouverture, le nez est discret, légèrement grillé et épicé. L’aération va libérer les arômes que l’on attend d’un Grenache : riche, sur le fruit blanc et la fleur et une touche empyreumatique. En bouche, c’est d’abord la structure et la minéralité du vin qui marque. Une vraie minéralité, pas une simple fraicheur. La longueur est superbe et s’étire sur plusieurs secondes. Avec l’oxygénation, le vin perd un tout petit peu en élégance mais gagne en gras, c’est l’effet d’une oxygénation rapide, un peu forcée, que l’on obtient en carafant.

Aucune crainte quant à l’évolution, le vin ne présente aucune trace d’oxydation et sa fermeture aromatique laisse penser qu’il s’exprimera mieux dans un an ou deux, on devrait alors se trouver devant un vin avec l’ouverture aromatique d’une heure de carafe mais sans les défauts. Il est assurément taillé pour s’exprimer au mieux entre 3 et 7 ans à compter de sa date de naissance.

En somme, une bouteille magnifique que je ne peux m’empêcher de rapprocher d’un vin septentrional pour son équilibre, un peu à la façon d’un Chablis GC. Aucun excès de maturité, de gras, d’alcool, c’est un vin limpide, facile et élégant. Très loin de bombes (qui sont très bonnes aussi) que peut parfois livrer le Roussillon, il donne une interprétation pertinente et qualitative de ce terroir. Pour ceux qui connaîtraient d’autre vins à dominante de Grenache, comme l’Effrontée du Domaine de Vénus ou Vieilles Vignes blanc du Clos des Fées, nous sommes ici sur un style diamétralement opposé, beaucoup moins opulent, beaucoup moins élevé. Produit à hauteur de 900 bouteilles par an, il n’y en aura pas pour tout le monde !

La note Wineops : 86/100 ; 5 +