1990

ALKO: Pinot Noir Tres Vinedos 2010 by Cartagena (Chile, San Antonio Valley)


During the past year the greatest surprise about Chilean wines has been the consistent quality of their Pinot Noir. Among all the wine I tasted, this is the variety that performed the best. Almost each was pleasant and easy to drink (which is far from being a general characteristic of wines from Chile). Today I will present you one of the most exclusive Pinot Noir of Alko’s selection.

Cartagena Pinot Noir Tres Vinedos 2010 is grown in the cool region of San Antonio. It is in the same place that you will find Viña Leyda which produce also very good Pinot Noir (Las Brisas and Lot 33). The wine is extremely expressive in the nose. Very stong fruit flavour emerge from the beverage, among them cherry and strawberry. Yet, being powerful, it is not so complex and it absolutely lack elegance. In the mouth, this is juicy and also very fruit driven. It has a very strong « fruitiness » in the sense that you feel almost that it is a fruit juice. Definitely the sugar is visible. Also you can find spiciness and little toasted aromas coming from a well managed aging period. But, there is a « but », this is very rough. This is too much, too strong, too forced. It feels like a doll with extra makeup. I don’t get this wine. In the end it is not so pleasant to drink. In my opinion, this is an extremely technical, oenological wine. They wanted to get as much fruit as they could (they succeeded) but as a result, the wine is totally awkward and not balanced at all. And to that extend, this is a failure. I do not recommend this wine and I don’t see it improve over the years. If you are looking for a modern style Pinot Noir, fruity and elegant, you can rather try K1 from Australia.

Wineops’ rating: 64/100 ; 0 0

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Verticale 2009-1990 : Ürziger Würzgarten Auslese by Weingut Karl Erbes


A l’occasion de mon billet sur les fêtes de Noël, je vous ai déjà parlé de ce domaine, qui se trouve en Mittelmosel, à Ürzig. Le domaine Karl Erbes (en allemand : Riesling-Weingut Karl Erbes), est une propriété familiale de 4ha fondée en 1967. Il est planté exclusivement de Riesling et la majorité de ses parcelles se trouvent sur le célèbre Ürziger Würzgarten. Le reste se trouve sur le Erdener Treppchen, que je constate un petit peu en dessous du ÜW.

Il y a quelques semaines, j’ai organisé une verticale du domaine, dont je vous livre ici les impressions. Tous ces vins sont des Auslese, des sélections qui correspondent à de  la vendange en surmaturité, où une partie des raisins est atteint de botrytis. Les taux de sucre résiduels sont compris entre 80 et 120g/l, on a donc affaire à des vins moelleux, mais du fait de l’acidité et de leur âge, l’équilibre n’est pas celui qu’on attendrait. Les 1990 goûtent par exemple plus demi-sec que réellement moelleux. Les étoiles, enfin, pratique très répandue en Mosel visaient ici à déterminer une qualité subjective croissante de l’Auslese, de * à ***. Depuis que Stefan Erbes est à la tête du domaine, la méthode a changé et les étoiles correspondent au pourcentage de raisin botrytisé. Plus il y a d’étoiles, plus le vin sera donc sucré et caractérisé par le botrytis, sans préjuger de la qualité relative des vins.

1- Ürziger Wurzgarten Auslese 2009

Millésime exceptionnel, c’est une évidence dans le verre. Le nez s’est déjà refermé, discret, mais donnant quand même de jolies notes de fruits, de fruits exotiques. En bouche la structure du vin est magnifique. Douce, délicate et profonde. Le sucre est bien présent, pas du tout fondu. Belle longueur. C’est un vin magnifique, très pur, maintenant, il faudra la patience de l’attendre une dizaine d’années… (ou vingt, plus sûrement) 77/100 ; 15 ++++

2- Ürziger Wurzgarten Auslese* 2003

Plus ouvert, sans doute à attendre encore quelques années. Il est très clairement marqué, pour mon nez, par les arômes terpéniques (pétrole), sans que ce soit négatif. Le fruit exotique est là, en bouche aussi avec une belle finale sur les amers, type airelle. C’est un joli vin, assez atypique, que j’aime, sans plus. 78/100 ; 5 +

3- Ürziger Wurzgarten Auslese** 2000

L’évolution est nette (peut-être un effet bouteille ?) avec une couleur d’un beau doré. C’est aussi le premier où le botrytis est aussi évident. Au nez, ce sont les épices, le miel, la mangue, le coing ou encore l’abricot sec. La bouche est plus fine qu’attendue, le sucre fondu bien qu’encore bien présent cache son jeu (il est ressenti largement en dessous de 2009 alors qu’il est au même niveau). C’est un beau vin, sans doute pas tout à fait à maturité mais déjà bien ouvert et très joli. 87/100 ; 5 +

4- Ürziger Wurzgarten Auslese* 1997

La magie des grands millésime s’opère… au plan de l’évolution. La couleur est proche du 2009, comme si le vin n’avait pas bougé. Il est d’ailleurs aromatiquement encre très fermé. Plus appréciable que 2009, il n’en reste pas moins à l’aube de sa vie. Le plus marquant dans ce vin, c’est sa longueur, pure et formidable, interminable. Magnifique mais parti pour 10 ans de plus… 84/100 ; 10 +++

5- Ürziger Wurzgarten Auslese** 1994

Plus ouvert que 1997, également très clair, nous remarquons avec les vins qui viennent (1997-1994-1990), un trait habituel des grands vins allemands (et des grands liquoreux en général). Les sucres se fondent et l’équilibre du vin se déplace. Autant sur 2009-2000, nous goûtions des vins plutôt axé foie gras-fromage-dessert, autant nous repassons ici dans des équilibres qui s’adapteront à une plus large gamme de plats, apéritif inclus. Ce 1994 est même, je trouve, supérieur après aération. Il est floral au nez avec juste ce qu’il faut d’évolution pétrolée, pour apporter en complexité. En bouche nous noterons la touche pâte d’amande, sublime et une longueur magnifique et fraîche. C’est plus accessible que 1997, mais ça n’est certainement pas en bout de course. 85/100 ; 10 ++

6- Ürziger Wurzgarten Auslese 1990

Le dernier de la série. D’un jaune très légèrement doré, il est vraiment clair. Ce vin ne trahit pas ses 20 ans passés et il sera même meilleur le deuxième jour. Plus encore que les autres, il est sur des dominantes florales. La maturité du vin est plus évidente au nez. En bouche, les sucres changent à peine l’équilibre. Le vin montre une très belle matière et une finale longue, d’une grande fraîcheur. C’est un vin mûr (au sens où il est prêt à boire) mais juste au début de son apogée. 90/100 ; 5 +

Voilà quel fut le contenu de cette verticale. Toutefois, je ne résiste pas à l’envie d’adjoindre les notes correspondant à deux autres Auslese du même domaine, dégustés respectivement une semaine avant et le lendemain.

7- Ürziger Würzgarten Auslese*** 1995

De toute la série d’Auslese, c’est le seul dont on puisse dire qu’il est ouvert. Et il est absolument grandiose. Le nez est une explosion de fruit : mangue, ananas, mandarine, orange. Puis viennent des notes florales avec de la rose, de la lavande, soulignée par de l’amande (pâte d’amande). La bouche est structurée tout en restant délicate. Le fruit domine encore mais c’est la finale qui impressionne : fraîche, minérale. Le vin ne laisse pas de sucre en bouche. Absolument magnifique. 95/100 , 5 +

8- Ürziger Würzgarten Auslese*** 1999

Couleur jaune paille, le nez pétrole un tout petit peu mais est dominé par le fruit exotique et l’ananas. En bouche, la matière est impressionnante et c’est très, très, très long. Enormément de fraîcheur. Un vin de haut niveau mais encore beaucoup trop jeune ! 87/100 ; 10 ++

A travers cette petite verticale, on découvre des vins très homogènes et, sans aucun doute, la marque d’un terroir d’exception. Il apparaît alors une autre caractéristique de ces grands vins allemands, leur cycle de vie. Les Auslese passent pas une phase de fermeture de plus ou moins 10-15 ans durant laquelle leur fruit va être complètement occulté par l’acidité. C’est exactement ce qui nous est apparu sur la plupart des vins, où même les vins des années 1990 ont besoin de temps pour retrouver leur expression. Quand cette ouverture aromatique revient, c’est alors l’émotion absolue, celle que nous avons eu sur 1995.

Grand Tasting : Champagne et Bordeaux


Pour continuer dans notre exploration du Grand Tasting, les deux vignobles les plus connus de France, qui pour moi ont plusieurs liens de parentés.

L’un comme l’autre ne font pas partie des vins que j’apprécie le plus car je les trouve largement surévalués par rapport à ce que l’on peut trouver ailleurs. J’irai même jusqu’à dire que si je trouve souvent en Champagne de l’émotion (récemment dans le Terre de Vertus by Larmandier-Bernier), Bordeaux y parvient plus que rarement. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel je partagerai plus tard quelques observations. Dans une certaine mesure, Bordeaux a bien confirmé cet état de fait avec des dégustations qui laissent sur leur faim et ne permette en aucun cas d’apprécier la supposée, l’exaspérante « grandeur » du Bordeaux à maturité.

Pour commencer, CHAMPAGNE :

Henriot car c’est par là que j’ai commencé, livre une collection 2010 de très belle facture. Le Brut Souverain et le Blanc Souverain présentés donnaient une belle interprétation du champagne pur et net, en particulier le second, dont on pouvait apprécier la beauté cristalline. Le Millésimé 2002, crémeux, gras et très pur en même temps, est encore très jeune et ne présente pas la richesse que j’ai pu trouver sur le 2000 au cours de l’année passée. C’est un très beau vin qu’il faudra attendre quelques temps. La Cuvée des Enchanteleurs 1996 était quant à elle d’une jeunesse affolante (même si la date de dégorgement est à prendre en compte). Il lui faudra plusieurs années pour exprimer son potentiel. Par chance, j’ai aussi pu goûter La Cuvée des Enchanteleurs 1990 dont, cette fois, le style oxydatif s’exprimait sur la noisette, le beurre et le pain grillé, avec un joli fruit frais et des petites notes de miel. Tout en équilibre et promettant encore de belles années de vieillissement. Dans l’ensemble, donc, une bien belle dégustation. (Notes des vins : 75-92/100 ; Mention du domaine : Excellent ; Prix indicatifs : 35-100€)

Je ne ferai que mentionner Pol Roger, dont la gamme très homogène ressemble par ce trait à celle de Henriot. Le style de la maison, identifiable entre tous, est sur des champagnes d’une grande fraîcheur quoique plus crémeux que ceux de Henriot, la cuvée Winston Churchill est exemplaire. De même Charles Heidsieck donc je ne retiendrai que la cuvée Blancs des Millénaires. Je fais une parenthèse ici pour signaler mon extrême frustration de ne trouver de réellement bons champagnes (car il faut reconnaître que ceux-là sont de grands vins) que dans les cuvées prestige ou au minimum les millésimés, ce qui place un ticket d’entrée aux alentours de 50€ la bouteille et plus souvent autour de 100€. Or ces vins ne sont pas représentatif de la production champenoise… Pour clore la série d’étiquette il faudra noter que la Grande Année 2000 de Bollinger goûtait bien, un fort beau champagne (au contraire de 1999), très vineux, très gras, destiné à la consommation en repas et surtout pas apéritive.

Alors, en dehors des étiquettes, quel champagne retiendrais-je ?

Drappier, indéniablement, présentait un échantillon très excitant de sa gamme. Mis à part le millésimé 1995 lessivé car sans doute ouvert depuis trop longtemps, les autres vins étaient splendides. A commencer par Brut Nature, un champagne fascinant en blanc de noir sans dosage. A la fois vineux et extrêmement frais, c’est un vin à mon avis à conserver quelques années pour mettre en scène en cours de repas où à ouvrir maintenant sur un poisson frais ou des fruits de mers afin de dompter son acidité tranchante. Quatuor, un blanc de quatre blancs (Blanc Vrai – sorte de Pinot Blanc -, Chardonnay, Arbanne et Petit Meslier), est un exercice de style à découvrir impérativement tant sont rares les cuvées sur ces magnifiques et oubliés cépages. Le résultat est d’une grande vinosité pour un blanc de blanc, style plutôt oxydatif avec des touches de miel. Pour terminer, le garderai en mémoire l’ineffable Grande Sendrée 2004, champagne toujours aussi méditatif qui supporte mal les conditions violentes de la dégustation en salon. Conformément à mes précédentes dégustations, c’est un champagne très intellectuel, que je verrai fort bien en fin d’après midi, un dimanche soir calme, auprès d’un livre. (Notes des vins : 80-90/100 ; Mention du domaine : Excellent ; Prix indicatifs : 30-60€)

Enfin, je signale la très recommandable maison Jacquesson à la très efficace cuvée 734, que je connais bien et qui n’était pas au mieux sur le salon. C’est cependant un magnifique champagne, très accessible, et sans aucun doute une des meilleurs cuvée non millésimée (les fameux BSA qui représente 90% des champagnes et sont souvent sans intérêt). 734 dans la version actuelle est un vin très peu dosé, autour de 3,5g/l (on est très loin des 12g/l d’un Veuve Cliquot ou des 9g/l d’un Moët et Chandon), mais attention toutefois car une autre version a été au départ tirée à 6g/l, ce qui donne deux vins très différents. Le millésimé 2002 est d’une telle jeunesse qu’il est injugeable en ce moment, attendre impérativement. Enfin, Avize Grand Cru gorgement Tardif 1995 est une référence absolue en la matière, comptez pas loin de 150€ pour déguster cette merveille… (Notes des vins : 80-95/100 ; Mention du domaine : Excellent-Exceptionnel ; Prix indicatifs : 35-150€)

Passons maintenant à BORDEAUX :

Brièvement, je vous rappelle mes déceptions plus ou moins relatives avec, dans l’ordre croissant : Cos d’Estournel, Guiraud, Kirwan, Clos Haut Peyraguet. J’ajoute que sauf exception, 2007 a confirmé qu’il était un millésime médiocre. Il existe quelques bons vins mais je vous enjoins de déguster avant achat car le style des vins est très particulier quand il n’est pas raté. 2008 en revanche est un millésime qui donne de très jolis résultats, on reparlera de lui dans quelques années mais je pense que nous découvrirons de belles choses.

Château d’Issan est l’un de ceux qui m’a le plus emballé, avec en particulier un très bon 2004 à consommer dès à présent sans arrière pensée. 2008 chez eux est d’une grande qualité bien que beaucoup trop jeune. Son voisin, Château Lagrange proposait également 2004 et 2008 à la dégustation avec le même succès. Sans aucune hésitation, je vous recommande ces deux bordeaux, dont le prix est par ailleurs encore raisonnable. Le Domaine de Chevalier livre quant à lui des 2007 de très bon niveau : le rouge est beaucoup trop jeune mais ne présente aucune déviation et une bonne matière, le blanc quant à lui est un des meilleurs vins que j’ai goûté sur le salon.

Palmer, malgré la grande finesse de ses vins, notamment un 1996 entre deux, qui est en passe d’atteindre sa maturité, n’arrive pas à me faire oublier son tarif insensé. Beychevelle proposait un parallèle instructif entre 2007 et 2008. Ce sont des vins de bon niveau.

En liquoreux, Château Gilette proposait 1989 à la dégustation comme vous ne vous en doutez peut-être pas, c’est encore beaucoup trop jeune mais prometteur. Jugement à formuler dans une dizaine d’années, je pense. Climens 2007 est par contre déjà très impressionnant. Un vin magnifique, dense, complexe et doué d’une fraîcheur qui fait si souvent défaut dans la région. Très grand vin !

Il y en avait bien d’autres mais j’en reste là, je pourrais vous signaler un bon Château de Fieuzal, un correct Château L’Arrosée  ou un bon Branaire-Ducru mais je conclurais sur le fait qu’en dehors du Domaine de Chevalier Blanc 2007 et de Climens 2007, les Bordeaux livrent des vins sans grande émotion, plutôt bien fait mais souvent proches les uns des autres et finalement d’une qualité plutôt moyenne (vins notés entre 70 et 85/100).