France

Domaine François Cotat (France, Loire, Sancerre), le millésime 2012


C’est un rite annuel : la dégustation du dernier millésime de François Cotat. Ce n’est pas une dégustation toujours facile car ses vins sont construits pour la garde et ne s’exprimeront parfaitement que dans 10, 15 ou 20 ans. Mais d’un autre côté, il n’y a rien de plus simple vu qu’il ne rate quasiment aucun millésime. Sur ces dix dernières années, par exemple, je ne noterais que 2004 en retrait. Et encore, si mon opinion est particulièrement sévère (et celle de François, juste réservée), d’aucuns apprécient cette année précise.

François Cotat en Sancerre est très atypique. A tel point qu’il lui est arrivé par le passé de ne pas obtenir l’agrément pour certains de ses vins. D’ailleurs, il a cessé de le demander pour son rouge qui ne l’obtient jamais car… il ne fait pas la fermentation malo-lactique ! De surcroît les volumes sont tellement limités qu’il ne le commercialise pas vraiment. Ses vins ne sont que rarement prêts à boire avant une dizaine d’année, exception faite du rouge rarissime, du rosé et du blanc « les Caillottes ». Sur les dix derniers millésimes, je peux vous conseiller d’ouvrir : les Caillottes (alias Jeunes Vignes) 2005 et 2006 ainsi que l’ensemble des 2003. A horizon un peu plus large, les 2001 et 2000 sont superbes. Pour le reste… il faudra se rappeler le dicton « Patience est mère de vertu ».

L’immense plaisir des vins de chez Cotat reste que plus vous les attendez, meilleurs ils sont, dès lors que vous avez passé la période des 10 ans de jeunesse. Ils ne s’abîment jamais : un placement redoutable d’efficacité.

Chavignol, de l’autre côté.

On démarre donc sur ces 2012. 2012 fut un millésime globalement difficile en France et même faible dans beaucoup de régions. Les rares à s’en sortir parfois brillamment sont le Centre avec Pouilly et Sancerre, ainsi que la Vallée du Rhône et certains en l’Alsace. La dégustation commence toujours par les blancs, par ordre de cru, puis on enchaîne souvent sur un ou deux millésimes plus anciens.

Les Caillottes 2012 sont d’une jaune paille très clair, à reflets verts, comme tous les vins de 2012. On y découvre un fruité joyeux et évident. Aucune trace variétale (pas de buis ou bourgeon de cassis). Le vin est vraiment très agréable, expressif même, avenant. Il est plein de fruit, pas trop silex. La bouche est souple, bien construite. Sur le fruit blanc et les fleurs, toujours, avec une matière très intéressante et plus dense que les millésimes précédents de Caillottes (sans doute l’âge grandissant des vignes). La longueur est remarquable et sur la fraîcheur. C’est un vin qui donne le ton, ouvert, fruité avec une acidité nette mais douce. Aucun excès ni dans un sens, ni dans l’autre. Sur cette cuvée toujours plus simple, de jeunes vignes qui ne pardonnent rien, il est de bon augure de trouver un tel jus. C’est une très belle bouteille, déjà appréciable mais qui se bonifiera pour commencer de se livrer dans 3 à 5 ans. 81/100 ; 5 ++ (id est, on peut en attendre 90-92/100 dans 5 à 10 ans).

Les Monts-Damnés 2012. Au contraire des autres, cette bouteille vient d’être ouverte, or à cet âge de leur vie, les vins du domaines sont bien plus facile à aborder après quelques jours, voire une semaine. Toujours cette couleur vive, jaune pâle à reflets verts. « Visiblement » c’est plus fermé. Le fruit est retenu bien que présent, comme caché derrières quelques très élégantes notes végétales (un soupçon de bourgeon de cassis). La minéralité habituelle de ce terroir éclate au nez avec ces notes typée de silex, de pierre mouillée, sèche. Très difficile à décrire. Un nez que je qualifierais de droit. Impeccable, taillé comme un diamant. La bouche est plus facile à lire, comme souvent sur les vins trop jeunes. Ce qui marque le plus, c’est le contraste avec le vin précédent. Alors que Caillottes était déjà magnifique, une grande marche est grimpée quand on touche à la matière de Monts Damnés. Puissamment structurée, organisée, cette bouche très intellectuelle est sublime. Aromatiquement, ce sont les agrumes qui se développent particulièrement en finale, citronnée, superbe. La longueur est grande, pure… c’est une bouteille qui ira loin. 87/100 ; 10 ++

Culs de Beaujeu 2012 de nouveau un vin ouvert depuis plus longtemps. La couleur est un peu plus soutenue. Le contraste n’en reste pas moins saisissant. Le nez ne montre pas ces notes minérales (qu’il ne montre jamais, d’ailleurs) ni les touches végétales (élégantes) de Monts Damnés. On est ici plutôt sur une trame exotique avec quelque chose de poivré. C’est un vin beaucoup plus évident, immédiat et même sensuel (toute proportion gardée). La bouche est large, puissante. Le fruit est plus mûr, plus exotique, moins agrume. La longueur excellente. On trouve de surcroît des notes épicées et la touche végétale absente du nez apparaît en milieu de bouche. C’est beau ! Même si le contraste expressif provient largement de l’ouverture, ce vin semble beaucoup plus spontané que Monts Damnés. Un caractère finalement récurrent de cette cuvée. Le fait, cette année, qu’il reste un peu de résiduel (un peu plus) n’y est sans doute pas étranger. 90/100 ; 10 ++

La Grande Côte 2012 est d’un jaune légèrement plus intense, toujours à reflets vers. Le nez est plus complexe, plus riche, plus expressif. Un pallier est franchi en terme d’arômes exotiques, la mangue apparaît, soutenue de fruit jaune (pêche). Même si on ressent bien que le vin est tout en retenue, il livre déjà énormément d’éléments, de précurseurs… en bouche, tout est sublimé : matière, aromatique, élégance… La complexité est incroyable, toujours tournant autour de l’abricot, de la mangue, de l’ananas, du citron avec un trait végétal qui ajoute encore en complexité. La matière donc est imposante, puissante avec une finale tendue magique. La longueur est déjà immense. Magnifique bouteille, qu’il faudra certes attendre, mais qui devrait s’élever très haut dans le panthéon des vins. Tout dans cette bouteille est à sa place : matière, aromatique, acidité, alcool, richesse. La Grande Côte est toujours un vin d’exception mais je l’ai rarement vu à ce niveau d’équilibre. L’avenir nous confirmera sans doute la haute naissance de ce vin. 93/100 ; 10 ++ (je peux pratiquement parier que ce vin touchera les 100/100 dans quelques années… voire plus !)

Chavignol, côté vigne.

Nous en avons fini avec les blancs 2012, superbe série, nous allons maintenant goûter deux de leurs aînés, 2001 et le grandiose 1995.

La Grande Côte 2001, un millésime à part. François Cotat nous explique que cette année là, il n’aimait pas les acidités. Trop élevées. Alors il a attendu. Quinze jour après que tout le monde ait terminé, il a commencé. Il était tranquille dans les vignes, nous dit-il. Pourtant il considère que c’est de la chance pure et simple. Il a attendu à cause de cette acidité et il a gagné une semaine et demie de grand beau temps. Au lieu de sortir un millésime correct mais dur, il a réalisé une grande année. Malheureusement ce vin est ouvert depuis plusieurs semaines, donc je ne le noterai pas. Le nez développe des arômes puissant de truffe blanche, caractéristique de la Grande Côte à maturité. Les fruits exotiques sont intense. Une note de miel ouvre la bouche qui termine sur une acidité salivante mais bien présente. En bouche surtout, l’on sent la fatigue. A l’ouverture, on devait friser le parfait. Un 95+ sans doute… et toujours superbe.

Mais il n’avait pas dit son dernier mot, il retourne chercher une autre bouteille dans son trésor :

La Grande Côte 1995, le lot de consolation me convient fort bien, car pour connaître la bouteille, c’est une des réussites des années 1990. La bouteille aura un peu le défaut inverse d’avoir été ouverte trop tard. La truffe blanche est à nouveau présente mais légère, pas dominante, on trouve aussi le cassis, le bourgeon de cassis, un peu de fruit rouge. Pas tellement exotique au nez. La bouche révèle une complexité à la fois puissante et aérienne, c’est du grand art. L’équilibre est parfait et montre ô combien le 2001 n’est que presque parfait. Cette fois au sein de cette bouche à la densité incroyable, nous allons retrouver la mangue, le fruit de la passion, les baies, une touche de vert… dans deux ou trois heures de carafe, le vin serait certainement idéal. Sa jeunesse est surprenante, à peine doré, aucune oxydation… 100/100 ; 10 + , peut être une vue de l’esprit mais ce vin  déjà parfait sera encore meilleur dans 5 ou 10 ans !

Arrivés au sommet, nous changeons de registre pour finir sur le plus humble mais non moins excellent :

Rosé 2012, déjà habituellement limitée, la production sur 2012 est quasi inexistante. Ce Rosé est toujours étonnant car il sort des codes. Il est toujours très expressif et c’est un reflet puissant du millésime. Il peut être sec, demi sec… et il vieillit admirablement. Cette année, il marque par son caractère vineux. La couleur est marquée (tout l’opposé de 2010 qui semble plus un blanc taché qu’un rosé), son nez est extraverti, sur le fruit rouge comme la groseille, la fraise et la framboise. Relativement complexe, il a une bonne tenue. La bouche, elle, est puissante et construite. Il semble venir de bien plus au sud. Le fruit revient, surtout la groseille et l’ensemble se termine avec une impression de mâche intéressante, une impression de vin. Puissant. Sans doute ses 14 et quelques % expliquent cette tenue inhabituelle. Voilà un joli vin, qu’il faudra savoir attendre quelques année pour en tirer tout le potentiel. 86/100 ; 5 +

En conclusion de cette dégustation, je dirais que 2012 est manifestement une grande réussite. Les vins sont promis à un très bel avenir si on n’est pas tenté de toucher cela trop tôt. Sur la base de cette dégustation, il fait partie des meilleurs millésimes de ces 10 dernières années car il a tout mais surtout il a l’équilibre.

 

ALKO : Merlot by Blue Nun (Germany, France, Languedoc)


Let’s have a little fun today. Yes ! I did it, I tasted this wine that I saw many time over the shelves in Alko. A French VDP d’Oc bottled in… Germany, under a German brand. Besides, there is not any mention of the vintage, which adds to the oddity of the wine.

What is there to be said ? Well, it looked like a no buy and it is. The wine is not even cheap (equivalent of 7,15€ bottle) when this kind of crap should be priced around 3-5€ tops.

In terms of taste, this is the archetypical bad, manipulated wine. I believe many a process has been used to achieve that result. Obviously made from high yields and low ripeness. It has a very unpleasant chemical taste. This is just bad.

Again, considering the price, it is a much better choice to buy Savia Viva by Parès Balta (7,98€, actually) which is a really good wine. I don’t even rate that Blue Nun, this would be a 15 to 20/100. Absolutely no point except from getting a very bad hangover.

Las Trabassères 2011 by Le Roc des Anges (France, Roussillon)


Producteur : Le Roc des Anges, Marjorie et Stéphane Gallet

Vin : Las Trabassères (Carignan 100%)

Millésime : 2011

Origine : France, Roussillon

Prix : 50€ (France, Domaine)

Je n’ai pas l’habitude de parler de vins épuisés et rarement de vins de cette catégorie de prix. Pourtant, il faut plier devant  l’évidence : ce vin est exceptionnel. D’abord par sa provenance, une parcelle extraordinaire, où le sol est quasi inexistant (la roche mère affleure quasiment), interdisant à la vigne et au vigneron le moindre excès, la moindre expansivité. Parcelle orienté nord-est, à flan de montagne, un classique des grands terroirs du Roussillon. Et puis l’âge des vignes particulièrement élevé, la parcelle ayant été plantée en 1913. Les rendements sont infimes (de l’ordre de 18hl/ha en 2011, c’est deux fois moins qu’un Grand Cru de Bourgogne). Enfin, nous nous trouvons sur un 100% Carignan.

Cela donne un vin au nez encore fermé, ou plutôt retenu. Il est jeune, très jeune, indéniablement. Doucement il se livre, avec une grande délicatesse mais aussi, de manière contenue, une grande puissance. C’est une montagne ensoleillée, c’est un colosse endormi. Petit à petit, on découvre l’immense complexité et la matière de ce nez. Il impressionne. En bouche, le vin est plus loquace, peut-être encore sur l’expressivité de la jeunesse. L’équilibre est incroyable : la concentration est extrême mais sans qu’elle soit pesante. Ce vin est aussi dense et profond qu’il est élégant et aérien. Il marie les contraires. Puissant et juteux. Fruité, épicé et floral… Pour le moment c’est vraiment dans sa structure qu’on découvre sa beauté mais dans quelques années, il saura déployer une palette aromatique qui aura bien peu d’équivalent, tout en préservant une délicatesse subtile. Je disais que c’était un colosse endormi, peut-être est-ce plus une Artémis endormie.

Mais hélas, comme je le signalais plus tôt, vous n’aurez pas trop à vous soucier de savoir quand elle se réveillera puisque si vous n’en êtes déjà l’heureux dépositaire, ce chef d’oeuvre ne se trouve déjà plus au domaine.

94/100 ; 5 +

roc-anges

Un domaine : Saget La Perrière (France, Loire)


Nom : Saget La Perrière (regroupe : le Domaine Saget, le Domaine de la Perrière, le Domaine Balland-Chapuis, le Domaine des Grandes Espérances, le Château de la Mulonnière et le Domaine Chupin)

Nature : Domaines indépendants et négoce. Propriété familiale (Famille Saget)

Terroirs : Vallée de la Loire, vins produits sur la quasi totalité des AOP et IGT de la région. A l’origine, Pouilly Fumé.

Surface : 360ha + achat.

Aujourd’hui, un focus sur un domaine : Saget La Perrière, en Loire.

Il y a déjà longtemps que j’ai prévu de dédier un billet au travail remarquable effectué par ce domaine. Je trouve que c’est une tâche d’autant plus importante que ce type de maison souffre de préjugés importants en France (grande superficie, domaine et négoce, présent dans tous les canaux de  distribution, etc…), alors que la vérité n’est pas ailleurs que dans le verre. Et lors de ma dernière dégustation de leurs vins, j’en ai  eu l’exemple parfait… et triste. Avant de juger un domaine, goûtez, mes amis, goûtez et particulièrement à l’aveugle.

La maison Saget va donc à contre courant de tous les préjugés français en matière de vin de qualité, et disons-le d’emblée : ça marche !

Les vins sont superbes, tous parfaitement adaptés à leur marché. Mais il ne faudrait pas comprendre que ce sont des « vins marketing ». Toute la force et la spécificité de la maison Saget et d’être parvenue à faire coexister la logique « domaine indépendant, artisanal » et celle du vin de négoce, régulier et marketé comme il se doit. Comment l’équilibre est-il atteint ? Tout simplement en distinguant de manière claire les différentes activités et en gérant les différentes entités de manière totalement indépendante en ce qui concerne l’élaboration du vin. Le style du Domaine Saget n’est donc pas le même que celui du Domaine des Grandes Espérances, ou du Domaine de la Perrière. Chaque domaine est élaboré par des hommes différents, sous la responsabilité d’un oenologue propre à chaque domaine, sensible à son terroir. Et si l’on cherche un point commun, il se trouvera peut-être dans la recherche de pureté et d’expressivité. En pratique, lorsque l’on déguste chez Saget, chaque domaine a son identité propre et donc bien au contraire d’un domaine de 360ha de vignes, nous avons réellement en face de nous un domaine de 10ha, un autre de 20, etc…

La force de cette structure est donc de tirer pleinement profit de toutes les possibilités offertes à la viticulture française. Par exemple, l’activité de négoce donne naissance à un remarquable Vin de France, La Petite Perrière. Impeccablement positionné, c’est un vin idéal pour les marchés export, le vin dont rêve un importateur : facile, expressif, bon marché et représentatif d’une certaine image du vin de France. C’est un type de vin dont je ne connais, hélas, pas beaucoup d’exemple en France, alors qu’il s’agit exactement de ce qui manque sur le marché pour promouvoir efficacement la France. Mais à l’opposé, le domaine produit des cuvées ciselées, d’une typicité implacable comme le Savennières « L’Effet Papillon » du Château de la Mulonnière ou le Pouilly Fumé du Domaine Saget, qui sont deux vins superbes, apte à un long vieillissement en cave.

Ce domaine donne un bon coup de pied au derrière des préjugés des amateurs et critiques de vins français, pour qui seul vaut le domaine indépendant. Mais rappelez-vous toujours que la plupart des noms bourguignons que vous connaissez sont des négoces (et d’une qualité indiscutable), on pensera à William Fèvre, Louis Jadot ou encore Bouchard Père et Fils. Et n’oubliez pas non plus que les grands Châteaux Bordelais couvrent des superficies très importantes (de l’ordre de la centaine d’hectare) et des terroirs très hétérogènes, beaucoup plus hétérogènes que chaque domaine de la maison Saget pris individuellement. D’ailleurs, il ne faut pas s’y tromper : le Domaine Saget (Pouilly Fumé) et le Domaine des Grandes Espérances (Touraine) sont tous deux présents dans le Guide Bettane et Desseauve ainsi que dans celui de la RVF.

Je ne pourrai pas vous faire une revue de détail, tant les vins sont nombreux, mais je vais balayer assez largement la gamme et vous brosser un portrait de quelques cuvées particulièrement intéressantes.

NB : Je vous rappelle de vérifier mon barème afin d’interpréter mes notes. A partir de 70/100 on entre pour moi dans la catégorie des bons-très bons vins. 80, très bons à excellents et 90+ correspond à des vin exceptionnels. Ma notation ne correspond pas au barème Parker.

LES BLANCS :

La Petite Perrière Sauvignon Blanc : La démarche derrière ce vin est de mettre en lumière le savoir faire du domaine sur les cépages de son berceau d’origine (le Centre), que sont le Sauvignon blanc et le Pinot Noir. La Petite Perrière n’est donc produite que sur cet deux cépages. En l’occurrence il s’agit réaliser une sorte de Sauvignon Blanc idéal, constant dans ses caractéristiques, bon marché et destiné à une consommation rapide. Assembler des vins de diverses origines est une brillante idée car il permet de balancer le trop mûr des Sauvignons du sud (mais souvent très fruités) avec la fraîcheur et les arômes plus végétaux du nord. On obtient, pour le 2011 goûté il y a un an, un vin à la fois exotique et frais avec une touche variétale de bon aloi. Un vin qui n’est pas destiné à la garde, disons-le encore, à consommer dans l’année. Un remarquable rapport qualité prix. Bon vin, à consommer dans l’année, environ 70/100 ; 0 0

Domaine des Grandes Espérances, le Blanc, Touraine 2010 : dégusté en décembre dernier (sauf mention contraire, valable de tous les vins). 100% Sauvignon Blanc. Plus typiquement bourgeon de cassis et buis. Légère touche exotique. La bouche est ronde avec une note acide en finale et un retour discret du végétal en finale. Joli vin, bien dans l’esprit Touraine. A consommer dans les deux  prochaines années. 72/100 ; 0 0

Domaine des Grandes Espérances, Roi Soleil 2011 : 100% Sauvignon Blanc. Micro-cuvée (de l’ordre de 1000 à 3000 bouteilles par millésime). Parcelle de vieilles vignes. D’emblée on note un surcroît de maturité et une structure plus grande. Les arômes sont intenses, plus portés sur le fruit. La bouche est vineuse et très minérale. C’est un beau vin mais qui demande encore quelques années pour se mettre en place. 75/100 ; 5 +

Domaine des Grandes Espérances, Aurore 2010 : A mes yeux, la différence de millésime joue à plein. Les 2010 sont plus en place et l’équilibre et plus sur la fraîcheur que sur la maturité. Ici nous retrouvons une cuvée parcellaire, 100% Chenin. Le nez est large, gras, légèrement beurré. La bouche est ronde et pleine mais tendue en même temps. Beaucoup de fruit, mûr. Très beau vin, attendre quelques années. 79/100 ; 5 ++

Domaine Saget, Pouilly-Fumé 2010 : C’est la cuvée de référence du domaine, à noter que sa commercialisation tend à être retardée afin de proposer le vin à un moment où il est déjà en place. 100% Sauvignon Blanc. Note variétale, très élégante, au nez. Puis une impression de largeur avec du fruit mûr et des arômes floraux. Nez complexe. La bouche est d’une grande élégance, pleine, et présente des fruits jaunes avec une touche assez étonnante de groseille. Vin extrêmement élégant, magnifiquement équilibré. C’est une superbe bouteille qui va devenir exceptionnelle dans quelques années mais qui est déjà très accessible. Indiscutablement un Pouilly-Fumé de référence. De surcroît d’un excellent rapport qualité prix ! 86/100 ; 5 ++ 

Domaine Saget, Roches 2009 : Je lui ai trouvé plus de minéralité et quelque chose de cristallin. La bouche est plus orienté sur le arômes végétaux. Finale sur la fraîcheur. Attendre. 82/100 ; 5 ++

Domaine Saget, Les Sablons 2009 : Un vin tout à fait étonnant sur 100% Chasselas. C’est une rareté désormais car le Chasselas est largement abandonné sur Pouilly-Fumé au bénéfice du Sauvignon Blanc. L’idée derrière ce vin est de faire la démonstration que si le cépage est traité avec attention, il peut produire des vins intéressants. Pour votre information, le Chasselas est beaucoup plus connu soous le nom de Fendant, le célèbre vin suisse. Le nez est grillé, gras avec des fruits comme la mangue et le litchi. Vraiment très intéressant. La bouche est nettement dominée par l’élevage (le pourcentage de bois neuf est beaucoup moins important dans le 2010). Fraîcheur remarquable de l’ensemble alors que c’est souvent la faiblesse du Chasselas. Un vin extrêmement intéressant (premier millésime, je crois), qui devrait donner quelque chose de superbe sur un millésime comme 2010… à suivre. 76/100 ; 5 +

Château de la Mulonnière, L’Effet Papillon, Savennières 2008 : Ce vin, je l’ai dégusté il y a un an, au domaine. Nez d’abricot, de litchi et de fruits secs. Bouche à l’avenant. C’est excellent et très expressif. Un des meilleurs Savennières que j’ai récemment dégustés. A ne pas rater. 89/100 ; 5 + 

LES ROUGES :

Domaine des Grandes Espérances, le Rouge, Touraine 2010 : Cocktail détonnant de 60% Gamay, 20% Malbec, 20% Cabernet Franc. Cahier des charges : un vin à boire à deux sans distinction de sexe et en moins d’une heure. Résultat : objectif atteint. Ce vin est facile et jouissif. Très souvent, je trouve le terme « vin de soif » complètement dévoyé, employé pour qualifier des vins de hauts rendements, déséquilibrés, mal mûris, dépourvu de corps et trop acides… mal fichus, en fait. Ce n’est pas le cas ici, voilà un véritable vin de soif, vin de copains. Du fruit, du fruit, du fruit. Au nez et en bouche, aucune sensation de verdeur ou râpeuse. C’est bien fait et ça glisse sur la langue. L’équilibre est très bon. Un vin dangereux 😉 et il va sans dire, un rapport qualité prix imbattable 73/100 ; 0 0

Domaine des Grandes Espérances, Supernova 2009 : 100% Malbec, micro-cuvée. Issus de vieilles vignes, ce vin réalise exactement ce qu’on attend d’un Malbec de Loire – et qu’on ne trouve pratiquement jamais – la puissance, le gras et l’explosion aromatique du Malbec avec la fraîcheur du climat ligérien, qui apporte une texture plus souple, moins alcooleuse que dans le sud. Le nez est poivré, épicé avec un fruit noir bien mûr. Quelques touches florales apportent de la complexité. La bouche est pleine, avec une belle matière et des tannins plaisants. Aromatiquement on retrouve en plus la cerise et le noyau. C’est excellent mais encore jeune. Chapeau ! 82/100 ; 5 + (90/100 ; 5 + mise à jour suite à dégustation du 25 mai 2013)

Domaine des Grandes Espérances, les Ailes Pourpres 2010 : 100% Cabernet Franc. Un OVNI. Son élaboration est déjà une surprise (parlez-en avec Arnaud ou Laurent si vous les rencontrez). Que dire sinon que ce vin est le charme à l’état brut. C’est une grande bouteille, indiscutablement. Le nez est superbe, dense, profond, fruité. Le boisé complètement intégré apporte sa complexité. En bouche c’est à la fois énorme et soyeux : un ange en bouteille. Il peut encore vieillir, il gagnera assurément, mais c’est déjà excellent. Comme dirait un ami « Superb effort! » ; c’est fantastique et j’adore. 90/100 ; 5 +

LA BULLE :

Nous terminerons sur une bulle, je n’en ai goûté qu’un seul au domaine mais il en existe plusieurs. Particulièrement la cuvée Constellation, qu’il me tarde de découvrir. Il s’agit de :

Domaine des Grandes Espérances, Etoile Filante, Touraine Brut (blanc) : Un effervescent « entrée de gamme » qui passe 12 mois sur latte. 70% Chenin, 30% Chardonnay. Beaucoup de fraîcheur dans ce vin. Je lui trouve du fruit rouge (groseille, cerise), de la poire. L’effervescence est un peu rustique mais le vin est juteux avec de la pomme ou encore du litchi en bouche. C’est un vrai plaisir. Festif, jouissif… un leitmotiv sur ces cuvées à boire tous les jours… Le prix est indécent tellement il est raisonnable… plutôt apéritif que gastronomique. Bottoms up! 71/100 ; 0 0 

Les Ailes Pourpres (design de l'Etiquette)

Les Ailes Pourpres (étiquette), un dessin de Anne Montel

Qu’ajouter en conclusion ? Un (des) domaine(s) que je vous conseille de découvrir. La qualité du travail est irréprochable et les vins nous en donnent toujours pour notre argent et même souvent bien plus. Le Pouilly-Fumé est un vin de référence pour l’appellation et je vous recommande instamment de le découvrir. De toute façon, il faut se rendre à l’évidence : de part la stratégie de domaine, qui consiste à préserver l’identité propre de chaque domaine, de chaque terroir, vous trouverez toujours un vin qui correspond exactement à ce que vous cherchez. Il est aussi remarquable que malgré des millésimes difficiles comme 2011 en Centre ou même 2009 dans une certaine mesure, la qualité est toujours là, les vins réguliers… que demander de plus ? Sans aucun doute de voir plus souvent ce type de domaine sur les tables et dans les guides, qui ont bien du mal, parfois, à admettre qu’on peut faire de grands vins autrement qu’avec 4ha, de la poudre de perlimpinpin et, de préférence, dans le fond de son garage. Le bon vin, c’est avant tout du talent et de la rigueur. Et dans la maison Saget, on en a à revendre.

La grande Verticale de l’Infidèle du Mas Cal Demoura, de 1998 à 2010


Une fois n’est pas coutume, je suis Parisien pour 48h. L’occasion de mettre en place une dégustation qui me fait de l’oeil depuis 6 mois et dont je vais ici partager les conclusions avec vous.

Il s’agit d’une verticale quasi complète du Mas Cal Demoura, cuvée l’Infidèle. L’Infidèle est un rouge d’assemblage Syrah, Grenache, Mourvèdre, Carignan et Cinsaut, dont vous trouverez les détails ici.  Notre dégustation comprend les millésimes 1998, 2000, 2001, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010. Tous les vins ont été simplement ouverts et vérifiés 4 à 6h avant la dégustation, 2004 étant très fermé a été carafé. Si vous voulez optimiser l’expressivité des vins, 2010, 2009, 2007 et 2006 pourraient passer 1 à 3h en décanteur (ou ouverture 12 à 18h avant dégustation). Le service de ces vins s’est fait du plus jeune au plus vieux, ce qui est un ordre que j’ai toujours expérimenté comme bon. Plusieurs raisons justifient cette approche, le fait est que je n’ai jamais rencontré de cas qui contredise cet ordre.

Vincent Goumard

Vincent Goumard

Je vous donne déjà quelques éléments. Tous ces vins sont ouvrables et buvables en ce moment, aucun n’est irrémédiablement fermé. Aucun n’est trop vieux à l’exception de 2000, sur le déclin depuis déjà plusieurs années. Aucun millésime récent (depuis 2004) n’a entamé sa phase descendante. Vous remarquerez à la lecture un virage important dans le style du vin en 2003, date de la reprise du domaine par Vincent Goumard, dont la progression est constante depuis lors. Une conclusion préliminaire est que vous pouvez acheter ces vins chaque année sans vous soucier de la qualité : aucun raté en quasi dix ans.

Voici donc la série.

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L’Infidèle 2010

Au départ le nez présente une légère note de réduction. Puis il développe assez rapidement sur le poivre et un fruité intense, noir et sucré. Cassis, mûre. Une discrète note torréfiée, type cacao apparaît. Une des rares fois où je ressens l’élevage sur cette cuvée, mais c’est tellement léger que dans quelques années, cette note viendra juste ajouter à la complexité du vin. Voilà un nez d’une très grande élégance, avec une structure qui impressionne. En bouche, une attaque nette et large en même temps, Il y a beaucoup de matière, le vin est très rond en milieu de palais, sans aucun creu. Plein, mûr, puissant, il présente un équilibre impeccable, avec une finale superbe et très longue. C’est véritablement un grand vin et, à mon avis, le meilleur réalisé jusqu’à présent. Il est encore jeune et demande à s’intégrer encore deux ou trois ans pour s’exprimer plus pleinement. 89/100 ; 5 ++ (il atteindra 100/100, j’en suis certain).

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L’Infidèle 2009

Le premier nez est nettement dominé par la Syrah. Il présente un poivré typique (très rhodanien) puis un fruit mûr, noir, qui le replace plus dans un profil aromatique sudiste. L’équilibre du nez est aussi remarquable que frais. L’attaque est très précise, le vin défile en bouche avec une grande justesse. Il est suave, plus intégré. La fraîcheur est assez incroyable vu la chaleur du millésime. Equilibre irréprochable. Une réussite 90/100 ; 5 +.

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L’Infidèle 2008

Cette fois, c’est le Mourvèdre qui domine. Nez plus type « confiture » au sens où une certaine douceur semblable à l’odeur de la confiture de fraise chaude vient au nez. Un peu de pruneau également (pas négatif), de la garrigue et des herbes aromatiques. C’est un nez plus doux, moins aigu que les deux précédents mais avec un charme incroyable. Ce vin me donne une impression beaucoup plus féminine, sensuelle. La chaleur douce d’une soirée d’été dans un jardin. La bouche est sans aspérité, les tanins absents, totalement fondus. La sucrosité légère (que j’avais déjà perçue il y a deux ans) est là, elle souligne le charme de ce vin. Il est langoureux et a la beauté douce d’un dégradé noir et blanc. Dans son style, c’est un vin universel, il est extrêmement facile à apprécier. Le potentiel est bon et il a peu évolué ces dernières années. Il manque un tout petit peu de complexité par rapport aux deux précédents et d’un petit peu de structure, de netteté (mais on touche vraiment ici au détail). Ca n’en reste pas moins un superbe vin. 88/100 ; 5 +.

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L’Infidèle 2007

Ici nous trouvons le premier vin dont on peut dire qu’il a intégré toutes ses composantes. Rien ne prend le dessus, aucun cépage ne s’affirme plus que l’autre. Il part d’emblée sur un fruit frais avec fraise, framboise et cassis, très dense. A l’ouverture, des notes de ces mêmes fruits, plus mûrs et de mûre apparaissent et complètent l’ensemble. Les herbes aromatiques viennent tendre l’ensemble et les épices. Le nez est très complexe et très profond. L’image qui me vient à ce moment est celle du Duomo de Florence et sa marqueterie de marbre immense et brillante. En bouche, la constitution de ce vin s’affirme encore plus. L’attaque est large et pure, mais dans un tout autre style que 2010. Alors que 2010 est en puissance, agité et impétueux, jeune ; 2007 est lui posé, homogène, d’une beauté classique.Le milieu de bouche prolonge le développement de l’harmonie. Qu’ajouter ? Belle densité, beaucoup de longueur, intense et sur le fruit. Le tout est vraiment très structuré avec juste ce qu’il faut de tannin. C’est superbe, grandiose. 96/100 ; 5 + (le lendemain, le vin a pris encore plus de volume… excellent, réellement).

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L’Infidèle 2006

D’emblée, on note une certaine fermeture aromatique, mais rien à voir avec le 2004 que j’ai déjà goûté avant le carafage. Ici, c’est plus ferme que fermé. Le fruit noir, avec encore cassis (que j’ai retrouvé sur presque tous les vins), myrtille, est présent, mais comme au coucher du soleil en forêt… c’est très sombre. En bouche les tannins sont pour la première fois réellement présents. Ce sont des tannins étendus, gros et ronds. L’impression pour moi est de douceur malgré tout. Une douceur très différente de 2008, pas du tout facile. C’est un vin qui vous aggripe et vous tient comme une main gigantesque, amicale mais un peu maladroite… ce charme est difficile à comprendre : les tannins sont vraiment dominants et dérangeront les palais qui n’y sont pas habitués. Le fruit noir revient en finale, la longueur est bonne. J’aime ce vin, toujours aussi austère. Il m’évoque une abbaye cistercienne, avec sa beauté rigide et pure, qui nécessite une certaine sensibilité pour la comprendre. Mon avis est qu’il ira très loin. Par contre, c’est encore difficile en ce moment. 84/100 ; 10 + (le lendemain, le fruit s’est nettement révélé, ce vin aurait dû être carafé).

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L’Infidèle 2005

Indiscutablement, le nez de ce vin est sublime. Tout en finesse, une sorte de 2007 plus délicat. Complexité, équilibre. Le humer est jouissif, il dévoile à chaque passage une nouvelle nuance. La bouche est d’une fluidité incroyable. Quelle élégance ! En finale, on reste sur la fraîcheur d’une touche de groseille. La matière est légère, pas du tout la densité de 2007 ou 2010. A adapter soigneusement au plat pour en tirer toute la substance. La bouche est pour moi un peu en retrait ce qui fait que je ne passerai pas la barre de 90. Il a encore du temps devant lui, mais je ne le vois pas vraiment pouvoir encore gagner, sauf à retrouver un peu de sous-bois en bouche… 87/100 ; 0 0.

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L’Infidèle 2004

Celui-ci est réellement fermé et goûte jeune bien que ce soit plus une jeunesse aromatique qu’une jeunesse de structure. Un peu d’épice douces, un peu de poivre. Un (tout) peu de fruit. La bouche est très nette, très fraîche, sur la groseille. La finale est bonne, tant en longueur qu’en plaisir. Après comparaison, c’est un peu moins structuré que 2005. Je l’ai déjà mieux goûté. Il est possible qu’il se soit un peu fermé, il venait d’être transporté. 78/100 ; 5 +.

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L’Infidèle 2003

Attention changement de registre (c’est le millésime de transition, d’ailleurs, le passage de flambeau entre Jean-Pierre Jullien et Vincent Goumard). Un note nouvelle apparaît, qui sera magnifiée dans 2001 et 2000. La note viandée, giboyeuse si typique du Mas Cal Demoura de Jean-Pierre Jullien. Ici, le gibier/tannerie le dispute au fruit noir. Comme si l’on pouvait clairement identifier les quatre mains qui ont contribué à l’accouchement de ce vin. C’est tout à fait fascinant. En terme de plaisir, c’est un nez plus ou moins avenant selon les goûts de chacun, même s’il ne présente aucun défaut objectif. La bouche est dans le même registre avec plus d’expressivité que les trois vins précédents. Ce vin divise et divisera. Dans le groupe qui participait à cette dégustation, perrsonne n’adore mais certains détestent. Avec un accord approprié, ce vin brillera, par exemple et justement sur du gibier. Il est expressif et bien construit. Sans doute à ne plus attendre, il semble avoir un peu baissé « dans l’absolu » par rapport à ma dernière expérience (ce qui ne signifie pas que le vin sera mauvais, mais qu’il va demander plus d’attention quant à l’accord mets-vins pour le mettre en valeur). 76/100 ; 0 0.

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L’Infidèle 2001

Là, on retrouve JPJ dans toute sa splendeur. Si je puis me permettre l’expression, c’est un vin qui a des couilles et le torse velu. Tout ce que j’aime dans ce style. Le nez est très nettement dominé par la viande, le cuir. Ici le fruit est complètement secondaire même s’il participe de l’équilibre. On a aussi le sous-bois et le poivre… Vraiment très dense et tout en puissance. La bouche est du même acabit, ronde et large. Equilibre d’un tout autre genre que ceux de Vincent. Mais équilibre quand même. Le vin déroule sa puissance jusqu’en fin de palais puis laisse en finale une aromatique de quatre épices marocaines. la longueur est un peu en retrait par rapport à 2007 (exemple du genre). Ce vin peut encore vieillir car il n’évolue pas réellement dans un registre tertiaire. 93/100 ; 0 0.

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L’Infidèle 2000

Ouvrez les portes du paradis. Ce vin a dépassé son apogée et se trouve au crépuscule de sa vie. Le nez est encore sympathique, éthéré. Cette fois, il tertiarise nettement. La bouche est par contre comme décharnée, acide, très tertiaire en rétro-olfaction. Poireau en finale. On dirait qu’il a 5 ans de plus que 2001… c’était ma dernière bouteille et c’était trop tard. Il y a deux ans, le vin goûtait encore bien (sans que ce soit extraordinaire). 44/100 ; 0 –.

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Mas Cal Demoura 1998

Enfin nous terminons avec un finish d’anthologie. Le vigneron, la vigne, le vin, tous à la fois touchés par la grâce. Ce vin est absolument sublime et atemporel (il n’apas bougé, voire est encore meilleur qu’il y a deux ans, car développant plus de fruit). Le nez est extrêmement profond, complexe, expressif, ample… Comme les chambres du Château de Versailles. Velours, cramoisi, dorure…  ou pour revenir aux arômes, tous les registres sont là, avec une dominante de fruit, mais aussi cacao, le fumé, légère touche de gibier, tout à fait positive cette fois car participant de la complexité… Grand. La bouche est au diapason. Avec une longueur hallucinante. Il rentre dans les cases de l’archétype du vin parfait. C’est un très grand vin. 100/100 ; 0 0.

Isabelle Goumard

Isabelle Goumard

Une série superbe. 1998, 2007 et 2010 sont trois vin d’un niveau superlatif. Pourtant habitué à goûter ce domaine, l’ensemble des vins a dépassé mes attentes.

Cette fois-ci, n’ayant pas de matériel photographique personnel, toutes les photographies sont issues du site du Mas Cal Demoura.

Pinot Noir 2011 by Domaine de l’Idylle (France, Savoie)


Producteur : Domaine de l’Idylle, Philippe et François TIOLLIER

Vin : Pinot Noir

Millésime : 2011

Origine : France, Savoie, Vin de Savoie

Prix : moins de 8€ (France, Domaine)

Thématique de la semaine, du mois, le vin de Savoie s’impose. Il faut dire qu’outre la saison propice aux découvertes du genre, les dernières visites sur salons et en restauration m’ont révélé une région en grand progrès, offrant des rapports qualité prix exceptionnels. Le profil de ces vins est par ailleurs jouissif : du fruit et de la fraîcheur, un petit paysage alpin dans le verre !

Le domaine de l’Idylle, affilié vigneron indépendant (ce qui signifie que vous pouvez les rencontrer à Paris en novembre), se trouve à Cruet en Savoie. Je ne vous cacherai pas qu’en goûtant ce Pinot Noir, je n’attendais rien de particulier. Mais au contraire, j’ai trouvé un vrai beau vin, simple mais très bien fait.

Ce Pinot Noir livre donc un nez très franc, très net de fruit rouge frais, dominé par la cerise. Puis l’on découvre les subtilités propres à ce cépage, un côté terre mouillée, sous bois et un très légère touche poivrée. La bouche est fluide, juteuse et littéralement jouissive. Ce vin me rappelle les tables familiales de la campagne de mes grands parents, où l’on buvait à grandes lampées des vins francs du collier et point trop alcooleux. Ici, nous retrouvons cette convivialité chaleureuse, simple et évidente, mais avec un degré de raffinement qu’il faut dire, j’ai rarement rencontré au temps de ces grandes tablées. Ce vin est irréprochable, d’une longueur appréciable. C’est un très joli Pinot, sans doute pas d’une garde formidable mais qui égaillera en toute simplicité votre table ou votre apéritif, en compagnie d’un saucisson qui se devra de rendre la pareille (je pourrais ici vous recommander ceux des salaisons du Mont Charvin). Il représente l’archétype du vin de tous les jours, avec ce petit truc en plus, qu’il faut pour être intéressant.

73/100 ; 0 0