2008

Quick review : Meursault 1er Cru Genevrières 2008 by Bouchard Père&Fils (France, Meursault)


En Décembre, comme beaucoup d’entre vous, j’avais eu l’occasion de découvrir le millésime 2007 de ce Premier Cru. Bien que très bon, il était nettement boisé, un peu Californien dans le texte. Un style particulier que je ne dénigrerai pas car il correspond à certains plats et certains goûts.

J’attendais 2008 au tournant, dans la même veine, mais avec un raisonnable espoir que ce soit un cran au dessus, compte tenu des différentes informations que j’ai pu glaner sur le millésime et le vin. Et c’est le cas.

C’est au plan de l’élégance et de la finesse que ce Meursault 1er Cru Genevrières (domaine) 2008 en remontre au 2007. Moins intense en ce moment car sans doute un peu plus taillé pour durer et d’un an son cadet, il présente une palette olfactive complète, allant de la noisette aux fleurs, en passant par le pain grillé, l’amande et le citron. En bouche le vin est marqué par une grande fraîcheur, tout en conservant ce gras qui est la patte du cru. C’est un très beau vin, indéniablement encore jeune et qui devrait commencer à ce livrer avec plus d’évidence dans trois ans.

La note Wineops : 83/100 ; 5 ++ (le 2007 serait un 75-77/100)

Un Meursault vraiment magnifique, qui en dit long de la qualité des 2008 chez Bouchard P&F. Plus fin, plus complexe et plus élégant que 2007, il lui cède au plan de l’intensité aromatique et peut-être du plaisir immédiat. A servir sur les poissons en sauce mais aussi certaines viandes blanches peu relevées.

Quick review : Renaissance Blanc 2008 by Domaine Rotier (France, Gaillac)


Le Domaine Rotier produit sur Gaillac plusieurs vins très recommandables. Assurément ce Renaissance Blanc sec 2008 en fait partie.

Vin blanc élaboré à partir du Loin de l’Oeil, un cépage local et de Sauvignon blanc, Renaissance est un vin de bonne structure, plaisant à boire. Au nez, il développe de très nets arômes anisés et un très beau fruit blanc (pêche, poire). La bouche a de la matière et part sur les mêmes notes. La longueur est bonne sans être exceptionnelle. L’acidité, comme dans beaucoup de vins du sud, est limité, ce qui en fait un vin de viandes blanches et de poissons en sauce (on évitera un bar en croûte de sel). Voilà un vin d’un remarquable rapport qualité prix, que je vous recommande sans hésiter.

Ma note : 75/100 ; 0 0

Riesling Kellergärten 2008 by Malat (Autriche, Kremstal)


Malat est sans aucun doute l’un des tous meilleurs producteurs basés en Kremstal. Un autre nom à retenir dans cette région est Proidl, ou encore Alois Zimmermann (avec des vins un peu moins ambitieux). Quel est le programme de ce Kellergärten ? Tout simplement proposer un vin direct, franc, rapidement accessible et « fun ».

Le Riesling Kellergärten rentre dans la toute nouvelle catégorie Kremstal DAC. Ce système de classification est mis en place afin de donner de nouvelles possibilités commerciales aux producteurs autrichiens. Il ne vient pas remplacer l’ancien système germanique mais vient apporter quelque chose d’autre. Vous me direz que ça ne va pas simplifier les choses ! C’est certain, du point de vue de la multiplication des vins, mais étant donné que désormais l’Autriche produit essentiellement des vins secs, cet apport se trouve justifié par rapport à l’ancien label « Qualitätswein » qui était finalement une sorte de parent pauvre du QmP (Qualitätswein mit Prädicat). Par ailleurs, le système allemand ne se soucie pas de la provenance et ne se concentre que sur la maturité du fruit, avec en arrière pensée que plus c’est mûr, meilleur c’est. Cette démarche n’est plus considérée comme suffisante. Mais la volonté de définir les terroir est aussi politique en Autriche et c’est ainsi que les DAC naissent (alors qu’en Allemagne, les initiatives restent privées). En outre, étant donné que la DAC vise à établir une certaine spécificité du terroir qu’elle recouvre, elle a un intérêt euristique majeur pour le consommateur. Bref, la DAC, c’est l’AOC à l’Autrichienne.

Ceci étant plus ou moins éclairci, il faut reconnaître que l’objectif de Malat est atteint avec ce vin. C’est facile, souple et intéressant. En somme un vin idéal.

Le nez part sur la rose, le litchi, les fruits blancs. La bouche abonde de fraîcheur et présente une pointe d’exotisme. Le premier jour, on a presque l’impression qu’il y a un peu de sucre résiduel. C’est extrêmement plaisant. Mais la surprise, c’est que le vin est encore meilleur douze heures plus tard. Je vous conseille donc de l’ouvrir environ six heures avant le repas (par exemple le midi si c’est pour le soir), en enlever un verre si possible, le reboucher et le laisser au frais. Il ne s’en portera que mieux.

Ma note : 80/100 ; 5 +

Pinot Noir Oak Cask 2008 by Bodegas Trapiche (Argentine, Mendoza)


Entrons dans le vif du sujet de cette dégustation :

Pinot Noir Oak Cask 2008, Trapiche ; au nez, pas mal de fruit et… pas mal de fruit. En bouche, acidité désagréable, amertume en finale. Arômes très verts. Plaisir = 0, typicité = 0… Rien à ajouter, ce vin est un échec. Non seulement je n’aime pas (comme les Pinotage), mais ça n’est même pas intéressant (au contraire des Pinotage).

Ma note : 43/100 ; 0 0

J’ai été extrêmement généreux sur ce vin. Ma note est moins sévère que le compte-rendu ne le laisse penser car j’ai pondéré celle-ci du fait que si l’on ne sait pas ce qu’est un Pinot Noir, on est un tout petit peu moins sévère. Vous comprendrez donc que le choc de ce vin c’est son absence totale de conformité au référent. Ce vin ne sens ni ne goûte ABSOLUMENT RIEN du Pinot Noir. C’est tellement évident que je me demande si 1/ ils ne se sont pas planté sur les greffons 2/ c’est un mensonge éhonté et quelques pourcentages de Malbec ou autre Merlot ont été versé au breuvage.

J’avais, en décidant de goûter ce vin, conscience du risque que l’expérience comportait. La Syrah est déjà un cépage qui supporte mal le climat de Mendoza, le Pinot Noir confirme qu’il est sans doute impossible de réaliser ce type de vin dans la région. Trapiche et son PN Oak Cask est un pur produit marketing (avoir un Pinot Noir car c’est demandé en ce moment). C’est en revanche la seule véritable déception que j’ai eu sur cette série… to be continued…

Grüner Veltliner Steinsetz 2008 by Schloss Gobelsburg (Autriche, Kamptal)


J’aime pas Schloss Gobelsburg.

Dit comme ça, c’est un peu brutal. Et puis peut-être un peu injuste aussi ! SG fait des vins de qualité, au sens où les produits sont bien fait et font montre d’un équilibre indiscutable et d’une élégance certaine. Alors, pourquoi je n’aime pas ?

Je n’aime pas parce que je ne vibre pas. Les vins ne me causent pas, sont trop simples, trop léchés. Léchés, est vraiment le terme exact. Ils ont un côté complètement impersonnel, comme si on avait gommé ou coupé les cheveux qui dépassaient.

Objectivement (c’est-à-dire, en visant une subjectivité universelle, c’est-à-dire en éliminant les partis pris personnels et en se projetant dans la peau de mon bénévole et innocent lecteur), je qualifierais quand même SG de bon domaine. Comme je le disais, les vins sont équilibrés et bien faits. Pas outranciers, pas maquillés.

Ce Grüner Veltliner Steinsetz 2008 ne déroge pas. Un nez franc, net, sans doute le plus appréciable de ce vin. Un peu exotique, frais et long. La bouche est étonnamment équilibré pour ce cépage, un très bon exemple de la qualité du millésime 2008. Ce qui me déçoit est particulièrement sensible dans la finale : légèrement dissociée, pas harmonieuse en tout cas, avec un retour d’amertume et d’acidité non aromatique. Pour moi, c’est un vin auquel il manque un truc.

Ma note : 70/100 ; 5 +

Une bonne première approche du Grüner Veltliner mais qui manque un peu de concentration et de finish. Un vin qui siéra aux fromages un peu parfumés, aux poissons et autres fruits de mer. A tenter aussi sur une volaille, je pense avec succès.


Miss Harry 2008 by Hewitson (Australie, Barossa Valley)


L’erreur à ne pas faire avec les vins de ce type (erreur qui en général est recommandée sur la contre-étiquette) est de les boire à

Hewitson, Miss Harry 2008, Barossa Valley

température normale. C’est doux, gouleyant mais affreusement lourd. Mais si on le passe un petit coup au frais, histoire de le redescendre à 14°C, ça commence à être accessible.

Accessible, certes, mais quand même un peu grassouillet en bouche.

Vous me direz, la bouche c’est bien, mais avant, on goûte par l’oeil et le nez.

L’oeil, donc, un rouge bien brillant, profond par sa couleur mais peu dense (surprise), pas tellement violacé sur le disque (surprise bis puisque c’est un vin jeune). Il est vrai que l’ensemble de la robe tend vers le pourpre, ce qui explique sans doute pas mal de chose. Le vin est relativement translucide puisque je peux pratiquement voir au travers… c’est sans doute le plus étonnant pour un liquide vineux affichant une telle maturité…

Parce qu’au nez, le côté Shiraz (j’ai tendance à comprendre la Shiraz comme le résultat de la cuisson de la Syrah au soleil) est flagrant, avec sa sucrosité, sa confiture de myrtille, de cerise et ses notes caramélisées. Le boisé n’est pas évident, ce qui est un bon point. Si on repart dans l’analytique, franchement, en dehors de la Syrah, pardon, Shiraz, j’ai du mal à remettre autre chose (le reste), parce que je suis sûr qu’il y a autre chose. Ce qui me fait dire que ce n’est pas un monocépage est le toucher particulier des arômes, une sorte de complexité, d’assemblage… qui, bien qu’indéfinissable, est toujours sensible. Il y a une pureté, une rectitude dans les monocépages qui les rendent immédiatement reconnaissables. Ce n’est pas le cas ici, même si l’impression est proche. Il suffit par exemple de se souvenir de 100% Shiraz du même coin comme The Logde Hill Shiraz de Jim Barry (bon, ok, c’est la Clare Valley, pas la Barossa…) pour comprendre ce trait particulier. L’autre indice, c’est la couleur beaucoup trop légère pour être de la Shiraz pure. Un peu de connaissance du lieu permet de se dire qu’on pourrait avoir du Grenache, vu qu’ils en font un vin souvent très léger en couleur et en goût. Bref, de ce point de vue, je suis quand même un peu perdu.

Me remettant de mon « mustikkapiirakka » au nez (tarte à la myrtille finlandaise, celle où il n’y a que des myrtilles), je le retrouve bien présent en bouche, et même avec la sucrosité, celle qu’on a dans la confiture, après la cuisson longue des fruits. On retrouve aussi une touche résineuse, comme du bois aromatique… C’est plutôt long, mais la finale est lourde puisqu’il ne reste que ce trait confituré et un peu d’alcool. A mon goût, c’est nettement moins harmonieux que le Lodge Hill évoqué plus tôt. Même en faisant abstraction de la finesse que je recherche habituellement dans ces assemblages, ce corps de pin-up a du mal à m’emballer. Le kitsch « too much » de ces bouteilles, auxquelles je commence à être sensible, ne fonctionne pas à plein, du fait du gras sucré de la fin de palais. C’est dommage.

The Lodge Hill Shiraz by Jim Barry, Clare Valley, Australia

On ajoutera que le vin est très peu tannique, très rond et que l’accord sur un filet de porc à la crème a été de bon aloi. Un filet de boeuf ou autre viande rouge tuerai ce vin axé plaisir et facile à boire (à noter que l’objectif est un peu raté). J’ai aussi essayé une consommation à l’anglo-saxonne devant le film de la soirée… là encore ça n’a pas fonctionné à cause du manque de fraîcheur, que même la glace n’a pas su ramener. Et je me suis rabattu, justement, sur une glace d’un autre genre !

En tout cas, comparé au 2007, 2008 livre une bouteille supérieure, plus homogène, plus nette et fruitée. Et côté cépages… Shiraz, Grenache à parts égales (!?!), Mourvèdre et Cinsault.

Ma note : 68/100 ; 0 0

C’est un bon vin, qui pèche par un manque de finesse et une finale un peu lourde. Il est par contre aromatiquement très expressif et s’en sort très bien pour peu qu’on lui trouve un pendant culinaire idoine. Il frise la barre des 70 grâce à cette intensité et concentration en arômes, la finesse en plus et il serait proche des 75…

Pour localiser Barossa vs Clare...