FAV

Foires aux Vins 2013, tout ce qu’il faut savoir !


Il est beau mon titre, il accroche. Il est ironique, évidemment.

Je profite du buzz annuel pour relancer quelques piques contres cette arnaque annuelle. Cette année, pas de billet enflammé, si vous voulez, vous pouvez lire celui de l’an dernier, toujours d’actualité. Il est clair que la FAV n’est pas le lieu des bonnes affaires et cela se vérifie chaque année.

Si vous tenez à profiter de cette période, je vous recommanderais de fureter sur Internet plutôt qu’en GMS, en évitant soigneusement les enseignes du groupe 1855.com (1855, chateauonline, caveprivée). Je pourrais vous citer Vin Malin ou Millesimes (surtout, un site sûr concernant la qualité des approvisionnements) qui proposent quelques vins intéressants dans le cadre de ces FAV.

Cette année, je prends un exemple illustré. Ici, un bel article spécial FAV. Décortiquons.

Le 1er vin proposé pour Bordeaux est un cas d’école : Clos la Gaffelière. Comme diraient les Anglais, « it rings a bell »… la Gaffelière, c’est un bon vin, ça… oui, en effet, Château la Gaffelière est un domaine bien connu et réputé de Saint-Emilion. Ici, il s’agit en fait du second vin. Je ne passerai pas sur l’usage douteux du terme « Clos », souvent associé à des parcellaires de qualité supérieure, mais ici dévoyé à des fins marketing pour rehausser l’image du vin (stratégie utilisée dans d’autres domaines de Bordeaux comme à Léoville-Las-Cazes). En tout cas, magnifique exemple de produit d’appel. Quant à son tarif, rien d’exaltant vu le millésime médiocre et le fait qu’il s’agit peu ou prou du prix normal (on le trouve facilement dans les 19€). Toujours est-il que pour 18,5€ un deuxième vin de 2011, je ne saurais trop vous conseiller d’aller voir ailleurs, comme en Languedoc ou Roussillon où 2011 est un superbe millésime et où 20€ correspond au prix des cuvées phares de la plupart des domaines.

Léoville-Barton 2010 à 100€, prix « normal ». Yquem 1995, idem. Yquem 2005, au moins 200€ de plus que sa cote… tout y est du même acabit. Ce sont des vins « star », certes mais finalement à un prix normal.

Dans les autres régions, même constat. Avec Beaucastel 1983 la seule prouesse est de trouver le vin. Le prix est correct (pas une immense bouteille à ma connaissance, qui doit commencer à être un peu trop vieille). La Mouline de Guigal 2003 à plus de 500€ est très excessif (récemment, je l’ai vue à 300€). Quant à Vega Sicila Unico, là encore, c’est le prix du marché (voir sur vinissimus.com qui n’est pas un site particulièrement bon marché).

Donc plutôt que vous ruer sur ces fausses bonnes affaires, prenez le temps de chercher un peu. Pas beaucoup, juste un peu. Vous trouverez bien mieux pour moins cher, et en ayant le choix du millésime ! C’est d’autant plus vrai que les promotions sont de mise toute l’année dans le monde du vin. Elles vont, elles viennent. Certains sites sont presque systématiquement plus intéressant que n’importe quelle FAV, mais ils imposent de suivre un peu plus régulièrement l’actualité. Par contre, vous y gagnerez autant en prix qu’en terme de qualité et d’originalité.

D’ailleurs, pour vous montrer combien la FAV est dangereuse, vous pouvez consulter le travail remarquable de collection de Bertrand le Guern sur son site : ici. Vous vous apercevrez que l’avantage des FAV n’est pas du tout évident et, surtout, que certains vins sont plus susceptibles d’y être intéressants (Meyney par exemple, qui est un très beau vin pour son prix, je vous le recommande). Moralité, c’est un vrai travail de titan que de ne pas se faire avoir en FAV… et les guides d’achat annuels ne vous aident pas tant que ça.

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FAV – Foires Aux Vins…


Ah… septembre, son mauvais temps, ses doux bruits d’école qui recommence (l’odeur des crayons et de la craie… quoique maintenant ce serait plutôt celui des copies laser et des « smartboard » tout neufs), ses photos de vacances, ses souvenirs, son blues… et ses foires aux vins.

Je n’habite plus en France, mais c’est un événement incontournable du monde du vin, qu’on le veuille ou non. Et personnellement, c’est plutôt non.

Les FAV (leur doux petit nom) ne m’ont jamais intéressé et ne m’intéresseront pas d’ici longtemps. J’abhorre d’ailleurs les suppléments dédiés, tout en comprenant leur intérêt éditorial. Ils ne servent à rien, brassant l’évidence (ils répètent à satiété les noms que tout au long de l’année ils ont déjà mis en avant) et vous proposent de mirobolantes affaires sur 2 bouteilles et demie en France. Sur ce, vous faites les kilomètres (de bouchon) et les heures (d’attente) qui payent bien la différence sur la pseudo bonne affaire.

Mais en outre, il y a une bonne raison qui fait que je n’irai pas m’approvisionner en FAV. Je ne citerai pas ma circonspection face aux pratiques des centrales, évidence, mais la chaîne logistique « hautement » qualitative qui permet l’approvisionnement desdites FAV. Sachez simplement que pour tout bon logisticien, le vin est un pondéreux sec, point barre. Si beau soit l’espace cave de votre hyper, de toute façon le vin est stocké et approvisionné sans aucune structure spécifique. Le mois d’Août peut donc avoir un effet redoutable.

Mes deux seuls conseils, donc :

1/ ne vous ruez pas et passez en FAV sans déplacement spécifique. De toute façon, les bonnes affaires sont toujours trouvable ailleurs et vous perdrez plus de temps que vous n’en gagnerez à payer votre bouteille 10 ou 20% de moins (je ne compte même pas le stress, etc…)

2/ n’achetez que des vins bétonnés, c’est-à-dire des choses qui supportent les conditions de stockage les pires imaginables. Evitez par exemple les vins de Marc Angeli :), les vins natures en tout cas (sans ou avec peu de SO2).

Cependant, comme je vous le disais au départ, mon véritable avis c’est de ne pas y aller, planifiez plutôt pour vos prochaines vacances une étape sur la route des départs dans une région viticole… il y a quand même peu de chance que vous n’en croisiez pas une sur le chemin. Et puis visitez, dégustez et discutez… c’est tellement mieux de savoir d’où vient le vin, de lui donner corps, histoire et souvenirs.