Gourt de Mautens

Grand Tasting 2011 : the very best of (de ce que Wineops a dégusté)


En ce dimanche, petit exercice ludique pour continuer cette série de compte rendus.

Du point de vue des stands, assurément, celui qu’il ne fallait pas rater était « Les Terrasses du Larzac » où étaient présentés 7 vins de ce terroir, les 7 mieux notés par B+D. Ce n’est pas seulement la qualité des vins que je mets en avant ici, c’est aussi la démarche particulièrement pertinente et intelligente par rapport au salon. En l’occurrence, les vins proposés à la dégustation étaient : Mas Jullien rouge 2008, Domaine de Montcalmès rouge 2009, Cal Demoura Les Combariolles 2009, Domaine du Pas de l’Escalette Les Clapas 2009, Les Vignes Oubliées 2010, Mas Conscience l’AS 2008, Mas de Brousse Mataro 2008. Remarquable de tous points de vue, je reparlerai de ces vins prochainement.

Je vous livre aussi les cinqs vins que je garderai particulièrement en mémoire. Choix peut-être injuste et arbitraire… les oubliés seront consolés dans le prochain billet :

– Château la Gardine, Châteauneuf du Pape rouge 1983 (disponible au domaine en Jéroboam – soit un équivalent 4 bouteilles -, ± 75€ la bouteille) :

Indiscutablement le vin le plus émouvant et le plus merveilleux du Salon (à l’aune de ce que j’ai dégusté, il s’entend). Je salue au passage l’attitude de cette propriété qui est une des rares à avoir présenté un vin vraiment spécial (en dehors des millésimes en cours), de très grande classe. En dehors de celle-ci, le prochain vin mentionné est peut-être le seul autre exemple du salon. Il est bien rare de goûter un vin à ce niveau de plénitude. Des défauts, peut-être, mais une personnalité extraordinaire. Un instant magique… Emotion. En cinq mots : le vin, c’est ça !

– Domaine de Chevalier, rouge 1999 (disponible auprès du négoce, ± 50€) :

L’autre grand a avoir eu la générosité d’offrir un vin mature et grand, au bout du compte. Tout y est harmonie, avec un brin plus de sérieux que la Gardine. Une magnifique bouteille qui a étouffé le pourtant sublime 2009 : trop jeune (donc fermé) mais doté d’une matière parfaite. Je remarque au passage que les trois vins du domaines étaient de qualité exceptionnelle !

– Château d’Or et de Gueules, La Bolida 2008 (disponible domaine, ± 25€) :

Une idée du vin du sud. Une idée géniale : énorme mais accessible en jeunesse. C’est la puissance incroyable et une finesse superlative. Le vigneron de ce domaine est une femme et ça se sent dans le style du vin.

– Gourt de Mautens, Rasteau 2007 (disponible au domaine, ± 40€) :

Déjà remarqué l’an dernier. On trouve ici une concentration et une puissance rare. La longueur est superbe. Du très grand vin.

– Clos des Fées, Clos des Fées 2009 (disponible au domaine, ± 50€) :

Je n’ai jamais accroché le style des vins du Clos des Fées et je n’apprécie pas particulièrement le personnage Hervé Bizeuil (mais je lis volontiers son blog). Il apporte par contre, à mon avis, quelque chose de positif dans une région, par sa capacité à se mettre en lumière, à se mettre en scène. Son Clos 2009 est tellement réussi qu’il me fait complètement oublier son prix. Là encore c’est très très grand.

Le caractère commun de ces vins est leur grande accessibilité dès maintenant. Certes La Gardine et Domaine de Chevalier étaient vraiment à maturité, mais dans le style évidemment plus explosif et démonstratif de la jeunesse, les trois autres étaient aussi délicieux. Vous remarquerez que les cinq que je plébiscite sont tous des rouges. Il y a un effet salon, pour sûr, à savoir que les vins rouges supportent mieux le traitement et que les vins puissants s’en sortent aussi mieux. Mais ce n’est pas que cela. Les deux premiers par exemple sont des modèles de délicatesse. Une raison est la faible représentation blanche. En effet, le Bordelais, l’Italie et le Languedoc-Roussillon étant sur représentés (ou a contrario, l’Alsace, la Loire et la Bourgogne sous-représentées, l’Allemagne pas du tout), il s’ensuit que la probabilité de croiser un grand blanc est plus faible qu’un grand rouge. Ces vins-ci, s’imposaient avec évidence. Je vais revenir bientôt de manière plus exhaustive sur les différents domaines recommandable.

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Grand Tasting 2010 : les très grandes émotions


Un salon sur deux jours signifie plusieurs centaines de vins pour une soixantaine de domaines. C’est un exercice difficile autant physiquement qu’intellectuellement, même quand le salon en question ne propose pratiquement que des vins d’une qualité supérieure.

Et pourtant ! au milieu de cette foule de bons et grands vins, certains parviennent à faire la différence, à donner ce petit plus qui apporte cette émotion toute particulière, unique, qu’on touche parfois au cours d’une dégustation. Pour notre premier billet sur ce salon, nous allons vous livrer cette liste. Il se trouve qu’il n’y en a que quatre, de styles très différents et tous de 2007.

1- Sottimano, Barbaresco Pajoré 2007, Barbaresco DOCG

Un vin en finesse, en pureté et en structure. Il était présenté aux côtés de Cotta, un barbaresco plus sur le fruit compoté, plus accessible. Ce qui m’a plu dans Pajoré, c’est au contraire, cette justesse d’arôme et un équilibre supérieur du fait d’une concentration moins sensible. Un très grand vin dans un remarquable millésime 2007 (semble-t-il) en Piémont.

2- Gourt de Mautens, Rasteau 2007, Rasteau AOC

Le seul français du palmarès, mais quel français ! Ce domaine a entre autre particularité de vouloir livrer des vins déjà mûrs et appréciables à leur commercialisation. 2006 est encore à la vente et 2007 commence sa carrière. Même si 2006 est beaucoup plus fait que 2007, j’ai préféré ce dernière qui me semble avoir encore plus de fraîcheur. Ces vins sont solides, puissants et charnus, d’un style surprenant. La bouche est massive tout en restant fraîche, avec énormément de fruit et surtout une puissance croissante. L’attaque nette est suivie par une explosion aromatique en milieu et fin de palais. On retrouve de surcroît des épices, de l’olive noire… et de la concentration. Un vin remarquable fait avec, on l’aura deviné dans le verre, des rendements pour le moins réduits, de 10-12 hl/ha. (Désolé, pas de photographie pour ce vin dont je n’ai trouvé aucun exemplaire fiable).

3- Fontodi, Flaccianello della Pieve 2007, Colli Toscana Centrale IGT

Retour en Italie pour une toute autre chanson. J’ai abordé ce vin avec un peu de circonspection, sachant combien il a été encensé par un ancien du Wine Spectator, Mr Suckling, d’autant plus qu’il a été décrit comme un « blockbuster »… C’est un vin d’une densité impressionnante, la concentration est poussée à son extrême mais avec une fraîcheur remarquable et une qualité de tannins (très présents) superbe. Le boisé est présent mais pas du tout dominant car la qualité de ce Sangiovese le supporte complètement. Il est complexe, structuré et équilibré : il évite tous les pièges de la maturité poussée, de l’extraction et de l’élevage. Vraiment un vin réalisé de main de maître, certes atypique pour la région, mais qui est indéniablement parmi les plus grands vins que j’ai pu goûter cette année.

4- Mario Lucchetti, Mariasole 2007, Lacrima di Morro d’Alba DOC

Pour moi, ces vins sont LE choc du salon. Autant son Mariasole que je sélectionne ici que son Guardengo, dans un style peut-être plus facile. Ces vins sont réalisés avec le cépage Lacrima dans la région des Marches. La surprise vient des arômes très peu communs avec entre autre la rose, la violette, le litchi et la cerise. On a un peu l’impression de goûter un Gewurztraminer rouge ! Mariasole est par ailleurs réalisé en employant la technique de l’appassimento (une partie du raisin est séché avant vinification). Il en résulte un vin plus complexe, toujours bien équilibré, mais beaucoup plus dense et plus retenu. Reste à savoir si la curiosité fonctionnera toujours quand j’aurai goûté dix millésimes.